Le Cameroun veut donner une nouvelle dimension à ses zones industrielles. La Mission d'aménagement et de gestion des zones industrielles, MAGZI, porte un programme d'investissements évalué à 1 125,1 milliards de FCFA. L'ambition dépasse la simple remise en état de quelques sites. Il s'agit de créer des espaces capables d'accueillir des unités de transformation, de réduire les coûts d'installation et de rapprocher les entreprises des réseaux d'énergie, d'eau, de transport et de télécommunications.
La taille de l'enveloppe révèle cependant l'ampleur du retard accumulé. Plusieurs zones industrielles restent confrontées à des voiries dégradées, à un accès irrégulier à l'électricité et à des procédures foncières longues. Pour les investisseurs, ces difficultés deviennent des coûts supplémentaires. Elles réduisent aussi l'intérêt de produire localement lorsque l'importation d'un produit fini paraît plus prévisible que sa fabrication sur place.
Le programme doit donc être lu comme un test de la politique d'industrialisation camerounaise. Les infrastructures ne produiront des résultats que si elles sont accompagnées d'une gouvernance foncière claire, de contrats transparents, de délais maîtrisés et de services réellement disponibles. Le choix des zones prioritaires devra également répondre aux chaînes de valeur nationales, notamment l'agro-industrie, le bois, le textile, les matériaux de construction et la pharmacie.
La question centrale concerne désormais le financement et l'exécution. Une annonce de plus de 1 000 milliards de FCFA ne vaut pas encore décaissement. La MAGZI devra publier les phases du programme, les montants effectivement mobilisés, les entreprises retenues et les indicateurs de résultats. L'enjeu est concret. Chaque zone modernisée doit se traduire par des usines opérationnelles, des emplois durables et une part plus importante de produits transformés au Cameroun.









