Le kilogramme de cacao s'est négocié entre 2 750 et 2 900 FCFA le 1er septembre 2026, selon le système de suivi de l'Office national du cacao et du café. Pour les producteurs, cette remontée offre un répit après une campagne marquée par la volatilité des cours et par des écarts importants entre les bassins de production.
Le niveau reste pourtant inférieur aux sommets observés au cours des 2 campagnes précédentes, lorsque les tensions sur l'offre mondiale avaient porté certains achats au-delà de 5 000 FCFA le kilogramme. Cette comparaison rappelle que les revenus des planteurs dépendent encore fortement d'un marché international qu'ils ne contrôlent pas. Une hausse rapide peut améliorer la trésorerie d'un ménage, mais elle ne garantit ni stabilité ni capacité d'investissement sur plusieurs années.
L'embellie pose aussi une question de stratégie. Les producteurs peuvent vendre immédiatement pour couvrir leurs besoins, conserver une partie de leur récolte dans l'attente d'un meilleur prix ou investir dans la qualité et la traçabilité. Ces choix supposent des entrepôts adaptés, un accès au crédit et une information fiable. Sans ces outils, le planteur reste souvent contraint de vendre au moment décidé par l'acheteur.
La valeur durable de la filière ne se mesurera donc pas uniquement au prix du jour. Elle dépendra de la productivité des vergers, de la lutte contre les maladies, du renouvellement des plants, de la rémunération des jeunes et de la transformation locale. Le cacao camerounais peut profiter de la hausse actuelle, mais sa résilience se construira lorsque les producteurs pourront planifier leurs revenus au-delà d'une seule campagne.









