Le café camerounais cherche une relance qui ne reproduise pas les fragilités du passé. À Yaoundé, producteurs, experts et administration ont étudié les 22 et 23 octobre l’intégration des arbres aux caféières pour protéger les sols, l’eau et les revenus.
La filière cumule vieillissement des plantations, baisse de fertilité, pression sur les ressources naturelles et climat plus instable.
Les marchés demandent aussi davantage de traçabilité et de durabilité. Dans un système agroforestier, les caféiers sont associés à des arbres d’ombrage, fruitiers ou forestiers. Ils peuvent créer un microclimat, réduire l’érosion, soutenir la biodiversité et offrir des produits complémentaires aux familles.
La solution n’est cependant pas automatique. Trop d’ombre peut réduire la production, certaines essences entrent en concurrence pour l’eau et les bénéfices forestiers mettent du temps à apparaître. Les producteurs ont besoin de plants adaptés, de conseil, de titres ou droits fonciers sécurisés et d’un débouché qui rémunère la qualité. La transition représente un coût avant de produire ses effets.
L’atelier doit donc déboucher sur des orientations opérationnelles : régions pilotes, modèles de parcelles, financement et indicateurs. Une prime de durabilité n’a de sens que si elle atteint le producteur. Le Cameroun peut relier la relance du café à la restauration des paysages, mais il devra éviter de présenter l’agroforesterie comme une formule unique. Le succès se mesurera à la productivité, au revenu net et à la survie des arbres plusieurs années après leur plantation.









