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General News of Wednesday, 31 January 2018

Source: camer.be

Sérail: une rencontre entre Paul Biya et Ayuk Tabe se déssine

Le leader du mouvement séparatiste se dit disposé à rencontrer le président de la République. Une option qu’il n’a jamais évoquée pendant qu’il était en liberté.

Sans nul doute, cela a été l’une des sorties les plus spectaculaires de Ayuk Tabe. Le jeudi 16 novembre 2017, Ayuk Tabe qui, jusque-là n’avait que la toile, notamment facebook pour véhiculer ses messages, accepte de se livrer à une chaine de télévision internationale. Les mots utilisés par le leader sécessionnistes sont clairs et mémorables.

« Nous devons avoir notre propre armée qui devra prendre en charge nos affaires. Ici, dans nos communautés, nous nous tenons aussi prêts à toute éventualité. Nous n’attendons plus que des instructions. Nous avons toujours la République du Cameroun sur notre territoire. Nous devons examiner toutes les possibilités pour les chasser de chez nous pour que nous puissions gérer notre économie, gérer nos administrations et nous occuper de nos propres affaires », déclarait le leader de la République imaginaire de l’Ambazonie qui, dans cet élément, voyait déjà toute la partie du Nord-Ouest et Sud-Ouest sous son escarcelle.

« Nous allons nous séparer. Nous avons retrouvé notre indépendance. Nous n’allons que discuter des termes de notre séparation et puis nous allons bâtir un pays magnifique que je vous invite à venir voir dans quelques années pour que chacun puisse être témoin de ce que nous disons aujourd’hui. » Ayuk Tabe affichait alors le courage d’un vrai leader intrépide, de la trame d’un Ben Laden ou encore d’un Abubakar Shekau, tous, tristement célèbres. Lorsque que la question d’une intervention militaire de sa part lui est posée, la réponse est là : « Si c’est une option, oui. C’est la lutte pour laquelle je suis prêt à vivre, je suis prêt à combattre, je suis prêt à mourir. »

Rétropédalage

Sauf que, depuis que ce chef suprême (signification de Sisiku, un titre qu’il s’est autoproclamé, nous apprend-on) est entre les mains de la justice, certaines voix autorisées révèlent qu’Ayuk Tabe veut rencontrer le chef de l’Etat. Des raisons qu’il évoque demeurent floues. D’aucuns y voient un moyen pour lui de livrer ses soutiens supposés à l’intérieur et à l’extérieur, à condition qu’il ne soit pas poursuivi.

En attendant, le ministère de la Communication soutient dans sa sortie du 29 janvier 2018 face à la presse à Yaoundé : « Le gouvernement camerounais annonce, à l’opinion nationale et international, qu’un groupe de 47 terroristes, au nombre desquels, M. Ayuk Tabe, se trouve depuis quelques heures entre les mains de la justice camerounaise devant laquelle, ils répondront de leurs crimes. »

C’est au soir du dimanche 28 janvier 2018 que l’avion ayant à son bord les leaders sécessionnistes arrêtés au Nigéria le 05 janvier a foulé le sol camerounais. Le sort qui pourrait leur être réservé est contenu dans le discours de Paul Biya à la nation le 31 décembre 2017.

« Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, des revendications socio-professionnelles, auxquelles le gouvernement s’est pourtant efforcé d’apporter des réponses appropriées, ont fait l’objet d’une récupération par des extrémistes, cherchant à imposer par la violence, leur projet sécessionniste ».

Le chef de l’Etat poursuit : « Nous avons tous été témoins de la gravité des débordements qui en ont résulté. Les symboles de la République ont été profanés. L’éducation de nos enfants a été prise en otage par des pyromanes criminels qui n’ont pas hésité à incendier des écoles et à attaquer des élèves. Les activités économiques et sociales ont été perturbées par des mots d’ordre irresponsables, imposés aux populations par la menace, l’intimidation et la violence. Des attentats à la bombe ont été perpétrés. Plusieurs de nos compatriotes ont perdu la vie dans les violences orchestrées par les sécessionnistes.

Des membres de nos forces de défense et de sécurité ont été assassinés de sang-froid, en accomplissant leur devoir (…) J’ai à cet égard, instruit que tous ceux qui ont pris les armes, qui exercent des violences ou qui incitent à la violence, soient combattus sans relâche et répondent de leurs crimes devant la justice. »