L’alliance initialement prometteuse entre expérience (le Révérend Kona Robert) et jeunesse (Cabral Libii), perçue comme un modèle d’équilibre se détériore progressivement à cause de l’ambition et de l’arrogance du plus jeune, qui aurait cherché à s’imposer en marginalisant son mentor. En effet, grâce à une stratégie basée sur la ruse, le mépris et la manipulation, Cabral Libii a trahi politiquement Robert Kona. Vouloir prendre le contrôle du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) en écartant celui qui lui a ouvert la voie est une erreur morale et stratégique, car rien de durable ne peut se construire sur la déloyauté. Le temps finit toujours par révéler la vérité. Malgré les apparences de succès ou de popularité, l’arrogance et la trahison se retournent contre leurs auteurs.
LE TEMPS, CE SEUL JUGE QUE L’ARROGANCE N’A PAS CONVAINCU
Il paraît que dans le théâtre politique de nos tropiques, la sagesse des cheveux blancs ne pèse plus rien face au gel coiffant et aux tirades syntaxiquement parfaites. L’histoire du Révérend Kona Robert et de son « fils » politique, Cabral Libii, est devenue la parabole préférée de ceux qui confondent la vitesse et la précipitation, ou pire, le titre de propriété et le bail emphytéotique.
L’illusion du maître des horloges
Le décor était pourtant idyllique : un patriarche, gardien d’un sigle et d’une mémoire, ouvrant sa porte à une jeunesse aux dents longues. On a crié au génie, on a applaudi le mariage de l’expérience et de la fougue. Mais l’arrogance intellectuelle est un venin lent. Elle fait croire à celui qui manie bien le verbe qu’il a inventé la langue.
On a vu alors la ruse se déguiser en stratégie. Sous prétexte de « modernité », on a commencé par s’asseoir sur le banc, puis sur le fauteuil, avant de vouloir changer la serrure de la maison paternelle. Le Révérend, compagnon sincère, est devenu dans les salons feutrés le « vieux dépassé », celui qu’on utilise comme un marchepied pour atteindre les sommets de l’Olympe médiatique.
Le mépris en héritage
Quelle ironie de voir cette ruse s’ériger en système ! On a trompé, on a contourné, on a pensé que la politique était une partie d’échecs où l’on pouvait sacrifier le Roi pour garder les pions. Le mépris, cet enfant légitime de l’orgueil, a fini par masquer une réalité simple : on ne bâtit rien de solide sur la trahison d’un ami.
On a invoqué les diplômes, les foules et l’onction numérique pour justifier l’injustifiable. Mais la ruse, aussi fine soit-elle, finit toujours par se prendre les pieds dans le tapis de la réalité. Car si l’intellect peut séduire les jurys, il ne trompe pas les cœurs qui ont soif de loyauté.
Le nom de Dieu, c’est le temps
Les tacticiens du dimanche oublient souvent une variable fondamentale dans leurs calculs : la durée. On peut bousculer un aîné, on peut ruser avec les statuts d’un parti, on peut même se croire invincible sous les projecteurs des plateaux télé. Mais le temps est un juge incorruptible.
« On peut tromper une partie du peuple tout le temps, on peut tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps. »
Le Révérend Kona Robert attend, dans le silence de celui qui sait que les saisons passent, mais que la terre reste. Aujourd’hui, les masques tombent. L’arrogance est une parure qui s’use vite, et la ruse finit toujours par se retourner contre son auteur.
Que ceux qui pensent avoir « gagné » par le mépris méditent cette vérité : celui qui déplace les bornes de l’amitié finit souvent par s’égarer dans son propre désert. Car à la fin, quand le rideau tombe et que les applaudissements s’éteignent, il ne reste que le nom de Dieu. Et ce nom, pour les cœurs trahis, s’écrit en cinq lettres : TEMPS.
Toupouri Éditions
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