Politique of Wednesday, 22 April 2026

Source: www.camerounweb.com

Visite de pape Léon XIV : Une violente lettre ouverte tombe sur la table de Paul Biya

'Que la sagesse, la retenue et un engagement sincère en faveur de la paix guident vos décisions' 'Que la sagesse, la retenue et un engagement sincère en faveur de la paix guident vos décisions'

Dans le sillage de la visite du pape Pope Leo XIV, des voix s’élèvent pour souligner l’urgence de la situation marquée par des années de conflit et de souffrances, évoquent l’espoir suscité par le message du pape Léon XIV en faveur de la paix. Parmi ces observateurs figure le Professeur Willibroad Dze-Ngwa. Dans une lettre ouverte adressée au président Paul Biya, l’historien insiste sur la responsabilité partagée des deux camps : le gouvernement est invité à prendre des mesures de confiance et à ouvrir un dialogue inclusif, tandis que les groupes anglophones sont appelés à faire preuve de retenue et à s’engager dans des négociations. Il propose des actions concrètes des deux côtés pour construire la confiance, protéger les civils et favoriser la reprise de la vie normale et appelle à un leadership courageux et à saisir cette opportunité historique pour instaurer une paix durable fondée sur le dialogue et l’unité nationale.


« Lettre ouverte à Son Excellence Monsieur le Président Paul Biya et aux dirigeants des mouvements anglophones à la suite de la visite apostolique de Sa Sainteté Pape Léon XIV au Cameroun : Plaidoyer pour des concessions réciproques et l’ouverture immédiate d’un dialogue inclusif.


Son Excellence, Monsieur le Président Paul Biya,
Distingués dirigeants des mouvements anglophones,

Je m’adresse à vous avec un profond respect et un sens partagé de l’urgence, à l’attention de toutes les parties essentielles à la résolution de la crise en cours au Cameroun, à la suite de la visite apostolique historique de Sa Sainteté le Pape Léon XIV, du 15 au 18 avril 2026.

Le message du Saint-Père à Yaoundé, Douala et surtout à Bamenda a été clair et sans équivoque : la paix exige courage, humilité et des actions concrètes de la part de tous. Son appel ne s’adressait pas à une seule partie, mais à la conscience collective de la nation et de ses dirigeants.

Aujourd’hui, le Cameroun se trouve à un tournant critique. Des années de conflit ont engendré d’immenses souffrances — pertes en vies humaines, destruction de communautés, déplacements massifs de populations et méfiance croissante. Pourtant, malgré ces réalités douloureuses, la visite papale a ravivé un espoir fragile mais réel qu’une autre voie demeure possible.

Ce moment exige non pas des positions figées, mais une responsabilité partagée.
Au Gouvernement du Cameroun, sous votre leadership, Son Excellence : la responsabilité d’initier des mesures de confiance, notamment la libération ou la révision des cas des détenus politiques, ainsi que la mise en place d’un cadre crédible et inclusif de dialogue, demeure à la fois urgente et indispensable.

Aux dirigeants des mouvements anglophones : la responsabilité de démontrer un engagement en faveur de la paix par la retenue, l’ouverture au dialogue et la volonté de s’engager de manière constructive dans un processus négocié est tout aussi essentielle.

La paix ne peut émerger en l’absence de confiance — et la confiance ne peut se construire sans des gestes réciproques.

Je me permets donc d’exhorter respectueusement à l’adoption des mesures parallèles suivantes :
De la part de l’État :
- La mise en œuvre de mesures significatives de confiance, notamment la libération, la grâce présidentielle ou la révision judiciaire des cas des détenus liés à la crise, ainsi que l’ouverture formelle d’un processus de dialogue inclusif et transparent ;
De la part des dirigeants anglophones :
- Un engagement clair à cesser les hostilités lorsque cela est possible, à soutenir publiquement le dialogue et à participer à un processus de paix structuré sans conditions préalables excluant l’engagement ;
De la part de toutes les parties :
- Une volonté commune de privilégier la protection des civils, la reprise de l’éducation et la réduction des souffrances humanitaires.
Il ne s’agit pas d’actes de capitulation. Il s’agit d’actes de leadership.
L’histoire a démontré que la paix durable ne s’obtient pas par la victoire des uns sur les autres, mais par un processus difficile mais nécessaire d’engagement, de compromis et de reconnaissance mutuelle.

La visite du Pape Léon XIV a ouvert une fenêtre morale et politique rare. L’ignorer risquerait de prolonger les souffrances de millions de personnes. En revanche, en saisir l’opportunité pourrait redéfinir la trajectoire de notre nation.

La force du Cameroun a toujours résidé dans sa diversité. Cette diversité doit désormais devenir le fondement du dialogue, et non celui de la division.

J’en appelle donc à toutes les parties — autorités gouvernementales et dirigeants anglophones — à se hisser à la hauteur de ce moment avec courage et clairvoyance. Que ce soit le point où les positions figées cèdent la place à un engagement constructif, et où la quête de la paix devient une mission nationale partagée.

Le peuple camerounais observe. Le monde est attentif. Mais surtout, les victimes de cette crise — familles, enfants, personnes déplacées — attendent.

Que la sagesse, la retenue et un engagement sincère en faveur de la paix guident vos décisions.

Veuillez agréer l’expression de ma très haute considération.
Respectueusement,

Professeur Willibroad Dze-Ngwa
Historien /Analyste senior en paix et conflits
Président/Directeur Heritage Higher (University) Institute of Peace and Development Studies

Yaoundé, Cameroun »