Un médicament acheté moins cher peut coûter une vie. La CEMAC révèle que plus de 251 tonnes de produits médicaux ont été saisies entre 2020 et 2025 et que 71 % des échantillons examinés par l’OMS étaient falsifiés. Le Cameroun est à la fois marché, corridor et acteur de la réponse régionale.
Le rapport préparé par l’ONUDC et l’OMS avec la Commission de la CEMAC a été présenté à Vienne dans le cadre de la conférence des Nations unies contre la criminalité transnationale. Les produits identifiés couvrent des catégories très utilisées : antibiotiques, antipaludiques, anti-inflammatoires, antidouleurs et substances comme le tramadol. La proportion de 71 % concerne les échantillons analysés dans l’étude ; elle ne signifie pas que sept médicaments sur dix vendus dans toute la région sont faux.
Le trafic prospère sur plusieurs failles : prix élevés, ruptures de stocks, frontières poreuses, vente informelle et faibles capacités de laboratoire. Il peut également infiltrer des circuits apparemment réguliers. La réponse ne peut donc pas reposer seulement sur des saisies spectaculaires. Elle exige la traçabilité des grossistes, des contrôles fondés sur le risque, l’échange de renseignements et des poursuites visant les organisateurs plutôt que les seuls petits vendeurs.
La CEMAC annonce une feuille de route 2026-2030 et appelle à harmoniser les lois. La Convention MEDICRIME offre un cadre pénal international, mais son adoption ne remplacera pas des pharmacies accessibles et des chaînes d’approvisionnement fiables. Pour le Cameroun, la pédagogie doit apprendre au public à vérifier les points de vente sans culpabiliser les patients poussés vers l’informel. Publier la ventilation des saisies, les analyses et les condamnations permettrait de mesurer si la région démantèle des réseaux ou déplace simplement leurs itinéraires.









