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Opinions of Wednesday, 10 January 2018

Journaliste: camer.be

Etoudi: les incertitudes autour de l’arrestation des sécessionnistes

Le peuple a les yeux rivés. La presse piaffe d’impatience. Yaoundé garde un silence assourdissant.

La cause anglophone

Ils sont Américain, camerounais résidents au Nigeria, refugiés camerounais au Nigeria. Ils sont tous originaires des régions du nord-ouest et du sud-ouest du Cameroun. Ils ont été interpellés à Abuja au Nigeria vendredi 5 janvier.

Ils se réclament de l4 ambazonie, un Etat qui n’est inscrit dans aucun livre des Nations Unies. De fait et à l’origine, il y a au Cameroun, depuis 1994, le scnc (southern cameroon national cuncil) qui lutte pour la cause anglophone.
La principale récrimination faite au pouvoir de Yaoundé est la marginalisation des anglophones dans la distribution de la fortune publique.

Des revendications qui n’ont pas toujours trouvé une oreille attentive de la part du pouvoir centrale qui leur a demandé de créer un cadre politique légale dans lequel ils exprimeraient leurs revendications.

L’ambazonie

Au fil des temps, le mouvement s’est radicalisé pour donner naissance à une tendance sécessionniste qui se réclame de la République Fédérale d’Ambazonie qui couvre les deux provinces anglophones du pays. Plusieurs leur drapeau a été hissé dans les localités de Bamenda et Buea, plusieurs fois, le drapeau Camerounais a été remis en place. Avec en prime des arrestations des activistes.

Toutes choses qui ont contribué à la constitution d’une « diaspora anglophone » hostile au pouvoir de Yaoundé qui va se constituée en réfugiés politiques à travers le monde et, principalement au Nigeria pays voisin. On comprendra plus tard le rôle important que joue cette diaspora dans le financement des sécessionnistes.

Les affrontements

Le point culminant sera atteint le 1er octobre 2017, jour de commémoration de la réunification des deux camerouns anglophones et francophone. Les revendications corporatistes des avocats et enseignants anglophones qui se sont muées en revendications politiques ont donné lieu à des affrontements entre la police et des manifestations sécessionnistes.

Depuis lors, des attaques se sont multipliées avec comme résultats, l’assassinat d’une dizaine des éléments des forces de l’ordre et des milliers de déplacés vers le Nigeria voisin. Les régions du nord-ouest te du sud-ouest étant devenues des zones d’insécurités.

Le silence assourdissant du gouvernement

Il n’en fallait pas plus lorsque, dans la nuit du 6 janvier 2018, un communiqué de Chris Anu, secrétaire général du mouvement sécessionniste faisait état de l’arrestation dans un hôtel d’Abuja au Nigeria de Sisiku Ayuk Tabe, président autoproclamé et neuf de ses lieutenants, visiblement les idéologues du mouvement irrédentiste tous issus des milieux intellectuels.

La presse locale s’est livrée à cœur joie « Le gang était démantelé et les terroristes ramenés à Yaoundé. Ils devraient répondre de tous les assassinats commis les dégâts matériels causés et l’insécurité sociale instaurée ».

Que s’est-il réellement passé à Abuja? Ou sont passés les ambazoniens ? La réponse du ministre de la communication porte-parole du gouvernement est plutôt laconique « Je ne commente pas les rumeurs » Cinq jours après, le silence de Yaoundé devient assourdissant.