L’intervention du ministre des Finances, Louis Paul Motazé, dans le dossier du barrage hydroélectrique de Kikot est saluée par beaucoup d’acteurs camerounais. Ces derniers dénoncent une forte hausse du coût annoncé du projet, passé de 650 milliards à 1 620 milliards de FCFA, avant de redescendre à 850 milliards de FCFA après des échanges entre le ministre et EDF.
C’est un véritable coup de maître que vient de réaliser le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, qui semble vouloir corriger les erreurs du passé, notamment le déséquilibre dans le deal financier entre EDF et l’État du Cameroun sur le projet de Nachtigal.
En juillet 2025, lors des débats sur l’orientation budgétaire, le ministre avait présenté le projet de Kikot, dont le coût avait été arrêté après plusieurs évaluations lors des rencontres de la commission mixte Congo-Cameroun. C’est ainsi que 500 MW devaient être produits par ce projet, pour un montant global de 650 milliards de FCFA.
Et puis, tout d’un coup, après avoir multiplié les réunions avec EDF, le ministère de l’Eau et de l’Énergie a rendu public, en début d’année, une nouvelle évaluation du coût du projet. Cette fois, celui-ci est passé à 1 620 milliards de FCFA.
EDF et le Minee n’ont pas été capables de justifier cette explosion des prix, avançant des arguments farfelus comme la crise du Covid-19, la guerre en Ukraine et, tout récemment, la crise dans le détroit d’Ormuz.
Rappelons que le barrage Julius Nyerere, qui vient d’être livré en Tanzanie, avec une capacité de 2 115 MW, a coûté 1 650 milliards de FCFA, soit pratiquement le même montant qu’EDF demande au Cameroun pour construire seulement 500 MW.
Une gestion opaque mise à nu par le ministre des Finances
Cette gestion du coût financier du projet a été mise à nu par le ministre des Finances, car c’est dans cette opacité que le Minee voulait, une fois de plus, entraîner le Cameroun, comme ce fut le cas pour Nachtigal. EDF y a construit 420 MW pour plus de 800 milliards de FCFA.
La semaine dernière, Louis Paul Motazé était en France, où il a rencontré les responsables d’EDF afin d’obtenir des clarifications sur cette attitude qui s’apparente, selon cette analyse, à du pillage.
Le 15 septembre 2026, plusieurs dizaines de partenaires financiers étaient réunis à l’hôtel Hilton pour débattre de la faisabilité de Kikot. Et, comme par hasard, sans la moindre justification publique, le prix évoqué par EDF et le Minee a chuté pour redescendre à 850 milliards de FCFA, un coût jusque-là jugé élevé par les observateurs.
Merci au ministre des Finances. Quand c’est bon, c’est bon.
Albin Michel Njilo









