Pourtant annoncé comme favori pour le rachat de la Sosucam, un consortium d’hommes d’affaires bamilékés a été rejeté au profit d’un groupe étranger. Cette décision est une manifestation du tribalisme et pousse à s’interroger sur l’acceptation de capitaux bamilékés dans la gestion d’un important patrimoine foncier situé dans la région du Centre.
Ils étaient favoris, au point d’en faire un communiqué, pour le rachat de la Sosucam. Le consortium conduit par Joseph Pagop Noupoué, l’avicultrice Henriette Noutchogouin, le financier William Nkontchou, le spécialiste de l’import-export Igor Njoukwe et l’homme d’affaires Marcel Tchangogom avait annoncé, dans un communiqué rendu public la semaine dernière, le projet de rachat de la Sosucam.
Des informateurs proches du dossier révèlent que ce consortium aurait finalement été recalé au profit d’un groupe étranger.
Avec ses 27 600 hectares de terres et 5 000 emplois, comment comprendre que ce patrimoine situé dans la région du Centre puisse être contrôlé par des Bamilékés ?
C’est la question que se seraient posée les élites du Centre dès l’annonce de ce communiqué du consortium sur le futur rachat de la Sosucam. Le projet, qui était piloté par le Premier ministre, devrait subir une nouvelle reconfiguration avec un consortium étranger.
Un tribalisme qui remet en scène l’urgence d’une réforme profonde de la forme de l’État, avec le fédéralisme comme modèle idéal. La fédération offre aux régions, notamment en matière de propriété, d’utilisation des sols et de gestion des terres publiques régionales, des compétences relevant principalement des entités fédérées.
Avec des réformes foncières dans les États fédérés, ce consortium déchu, constitué de Bamilékés, aurait pu être accepté dans le Centre à travers un cadre foncier défini par la région.
Albin Michel Njilo









