Infos Business of Tuesday, 8 September 2026
Source: www.camerounweb.com
Le Port autonome de Kribi présente une faible performance opérationnelle dans le Container Port Performance Index (CPPI) 2025, où il est classé 395ᵉ sur près de 400 ports évalués.
Présenté comme l’un des grands leviers de la transformation économique du Cameroun, le Port en eau profonde de Kribi affiche pourtant une performance opérationnelle particulièrement faible dans le Container Port Performance Index (CPPI) 2025, publié en juin 2026 par la Banque mondiale et S&P Global Market Intelligence.
Kribi occupe la 395e place mondiale sur environ 400 ports à conteneurs évalués, avec un score de -216,5 points. Sur le continent, le port camerounais se situerait autour de la 50e place sur 54 ports africains recensés. Une position particulièrement préoccupante, même si Kribi gagne deux places par rapport à l’édition précédente.
Le CPPI ne mesure pas la taille d’un port ni directement son chiffre d’affaires. Il évalue essentiellement son efficacité dans le traitement des escales des porte-conteneurs, notamment le temps écoulé entre l’arrivée d’un navire et son départ après les opérations portuaires.
Et c’est précisément sur ce terrain que Kribi souffre.
Son indice administratif plonge à -297,8 points, constituant l’un des principaux facteurs de sa mauvaise performance. Plus révélateur encore : les navires ne consacreraient que 47 % de leur temps total d’escale à quai. Autrement dit, plus de la moitié du temps serait absorbée par l’attente et différentes étapes entourant les opérations elles-mêmes.
Les procédures documentaires, la coordination logistique et l’organisation générale apparaissent ainsi comme des points de fragilité. Le problème ne serait donc pas seulement celui des infrastructures, mais aussi celui de la fluidité administrative et opérationnelle.
Le paradoxe est important. Kribi poursuit son développement, enregistre une progression de ses volumes et dispose désormais des infrastructures de la phase 2. Mais construire de nouveaux quais et augmenter les capacités ne suffit pas : un grand port doit aussi être capable de faire entrer, traiter et repartir rapidement les navires.
Avec une 395e place mondiale, le CPPI 2025 adresse donc un avertissement au Cameroun : après les milliards investis dans Kribi, le défi n’est plus seulement de disposer d’un port moderne. Il est désormais de le rendre véritablement performant.
Boris Bertolt