Souley Mamoudou espérait récolter deux à trois tonnes de sorgho sur un hectare pour nourrir sa famille. Fin octobre, il ne disposait que d’environ 25 kilos de jeunes plants, loin de la quantité qu’il estimait nécessaire. Son cas résume une campagne agricole prise de vitesse par la pluie.
Dans l’Extrême-Nord, l’insuffisance et l’irrégularité des précipitations ont affecté la germination et le développement des pépinières. D’autres producteurs disent n’avoir obtenu aucun plant et ne pas pouvoir en acheter. La rareté est aggravée, selon les témoignages recueillis, par des vols de plants. Si le repiquage est retardé, les cultures risquent d’arriver à maturité après l’arrêt des pluies, avec une baisse des rendements.
Le sorgho est à la fois une culture alimentaire, une source de revenu et une assurance contre les périodes difficiles. Une diminution des superficies peut réduire les stocks des ménages et faire monter les prix. L’ingénieure agronome Grâce Abigaëlle Togodne recommande notamment l’arrosage en pépinière et le recours, avec l’appui des services agricoles, à des variétés précoces adaptées aux zones sèches, comme S-35 ou des variétés locales à cycle court.
Ces solutions exigent des semences disponibles, de l’eau et un conseil de proximité. Elles ne peuvent pas reposer sur les seuls producteurs lorsque les pluies deviennent plus incertaines. Le MINADER devrait évaluer les besoins par bassin, sécuriser des pépinières collectives et surveiller les marchés. Le récit d’un agriculteur permet de voir l’urgence ; les données régionales diront si la pénurie est locale ou suffisamment large pour nécessiter une réponse alimentaire.









