Le Cameroun reste loin du plafond communautaire de 70 %, mais un ratio rassurant ne suffit pas à garantir une dette confortable.
Au 31 mars 2026, la dette du secteur public camerounais atteignait 15 416 milliards de FCFA, soit 44,3 % du produit intérieur brut, selon les données présentées à l’ouverture d’une mission du Fonds monétaire international. Le chiffre est inférieur au critère de convergence de 70 % appliqué dans la CEMAC.
Ce rapprochement avec un plafond régional doit toutefois être manié avec prudence. Deux pays affichant le même ratio peuvent supporter des charges très différentes selon les taux d’intérêt, les devises d’emprunt, les échéances et la part de dette intérieure. Un emprunt coûteux ou concentré sur le court terme peut peser sur la trésorerie bien avant que le seuil de 70 % ne soit atteint.
La mission conduite par Christine Dietrich doit donc regarder au-delà du volume : arriérés, coût du service de la dette, garanties publiques, engagements des entreprises d’État et capacité de l’administration à mobiliser des recettes. Pour les entreprises, l’enjeu se mesure aussi dans les délais de paiement de l’État et la régularité de la commande publique.
Le rapport final devra permettre de distinguer trois questions souvent confondues : le Cameroun est-il solvable, dispose-t-il de liquidités suffisantes et utilise-t-il efficacement les sommes empruntées ? C’est à cette triple lecture que le ratio de 44,3 % prendra tout son sens.









