Infos Business of Friday, 4 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Comment l’alliance Biya-Rothschild a bradé les forêts camerounaises au détriment du peuple

Le Baron Benjamin de Rothschild et son épouse, Ariane de Rothschild Le Baron Benjamin de Rothschild et son épouse, Ariane de Rothschild

L’on assiste à une braderie des ressources forestières et fauniques du Cameroun, à travers des concessions attribuées dans les ZIC 16, 29 et 30, liées à des intérêts associés à la famille Rothschild. Un droit d’exploitation légalement « personnel et incessible » a néanmoins été transféré à une société dont Benjamin de Rothschild détenait une participation majoritaire.

PILLAGE CHRONIQUE À CIEL OUVERT : COMMENT L’ALLIANCE BIYA-ROTHSCHILD A BRADÉ LES FORÊTS CAMEROUNAISES AU DÉTRIMENT DU PEUPLE

C'est un dossier noir qui lorgne du côté du grand banditisme d'État et de la haute finance internationale. Une mécanique de dépossession si implacable qu'elle pose une question douloureuse à chaque citoyen : qu'a donc fait le peuple camerounais pour mériter un tel mépris de la part de ses dirigeants ? Alors que les populations locales tirent le diable par la queue dans des régions enclavées, des pans entiers de notre patrimoine national ont été livrés sur un plateau d'argent à l'oligarchie financière occidentale. Enquête sur le scandale des Zones d'Intérêt Cynégétique (ZIC) du Faro et de la Boumba-et-Ngoko, où la dynastie Biya et le clan Rothschild se partagent les richesses de la faune camerounaise pour des sommes qui insultent la misère nationale.

I. LA CONTORSION JURIDIQUE : COMMENT S'APPROPRIER L'INCESSIBLE ?

Pour comprendre l'ampleur de ce que beaucoup qualifient de trahison économique, il faut revenir à la base du droit camerounais. Pédagogie oblige, rappelons un texte fondamental : l’article 34 du décret n°95/466/PM.

Dans l'esprit et la lettre de la loi, les titres d’exploitation de la faune sauvage au Cameroun possèdent un caractère strictement "personnel et incessible". En clair, une licence accordée à un guide ou un exploitant ne peut être ni vendue, ni prêtée, ni transférée à un tiers. C’est un garde-fou légal pour éviter la spéculation sur les ressources de la nation.

Pourtant, l'investigation met à jour un tour de passe-passe juridico-politique. Un droit d'exploitation initialement exercé par l'opérateur Guerrini s’est mystérieusement retrouvé et opéré par une société à responsabilité limitée (SARL) dont Benjamin de Rothschild détenait 65 % des parts. Par quel miracle juridique une licence étatique personnelle s'est-elle transformée en actif commercial pour un milliardaire européen ? Ce glissement de l'incessible vers le domaine privé de la haute finance internationale démontre qu'au sommet de l'État, les lois s'effacent dès que de grands noms entrent au Palais de l'Unité.

II. LE CARTEL DES 4 000 KM² : TROIS SITES SOUS COUVERTURE

L'opinion publique a longtemps cru que cette exploitation se limitait à une concession isolée. La réalité, dévoilée par des investigations poussées en collaboration avec des données du Pulitzer Center, est trois fois plus alarmante. Le régime n'a pas cédé un simple territoire : il a morcelé le Cameroun en octroyant des licences sur trois sites majeurs, totalisant une superficie effrayante de plus de 4 000 km².

La structure Guerrini / Rothschild s’est ainsi accaparée les clés de trois sanctuaires écologiques nationaux :
-La ZIC 16 (Faro Ouest) : 164 000 hectares (1 640 km²) de terres confisquées.
-La ZIC 29 (Loupoundji) : 167 574 hectares (1 675,74 km²).
-La ZIC 30 (Monguélé) : 75 864 hectares (758,64 km²), confiée par l’État à la société Faro Lobéké, propriété conjointe du duo Guerrini-Rothschild.

Pendant que ces cartels de safaris de luxe clôturent des territoires plus grands que certaines capitales occidentales pour y faire chasser de riches expatriés, les populations autochtones sont totalement laissées pour compte. Chassées de leurs terres ancestrales, privées de leurs ressources de subsistance, elles regardent passer les convois sans jamais voir la couleur des retombées économiques.

III. L'INSULTE FISCALE : 80 FCFA L'HECTARE POUR LA MANNE DU FARO

Entrons dans le vif des chiffres, là où le mépris des dirigeants devient mathématique. Combien l’État camerounais percevait-il historiquement pour l’abandon de ces 164 000 hectares du Faro Ouest ?

Les archives financières du secteur de la faune révèlent un tarif qui tient de la provocation : la taxe d’affermage historique était fixée à 80 FCFA par hectare et par an. Faisons le calcul pédagogique.

13 millions de FCFA. C'est la somme dérisoire qu'un empire financier pesant des milliards d'euros devait verser chaque année pour jouir en exclusivité d'un joyau naturel de 1 640 km². Précisons pour la rigueur de l'enquête que ce montant est historique et correspond aux grilles applicables de l'époque (notamment dès 2012) ; il ne reflète pas les redevances actuelles de 2026, mais il illustre la politique de braderie constante du patrimoine national.

Certes, le cahier des charges officiel prévoit d'autres contributions périphériques : permis de chasse, licences de guides, taxes d'abattage au gibier, micro-investissements sociaux. Mais une question brûlante demeure, et elle s'adresse directement au Président Paul Biya, à sa famille, ainsi qu'aux gestionnaires des finances publiques comme

Louis-Paul Motaze : Où est passé cet argent depuis toutes ces années ?
Où sont consignées ces recettes, aussi minimes soient-elles ?
Pourquoi les communautés locales du Faro ou de la Boumba-et-Ngoko n'ont-elles jamais vu l'ombre d'une école, d'un dispensaire ou d'une route financée par cette exploitation élitiste ?

Si ce calcul de 13 millions ne concernait qu’un seul site, multipliez ce système par les trois zones exploitées (ZIC 16, 29 et 30) pour imaginer l'ampleur du manque à gagner et de l'opacité financière globale.

UN CRIME DE LÈSE-MAJESTÉ CONTRE LE PEUPLE

Ce dossier "Biya-Rothschild" est le miroir d'un système à bout de souffle, où les ressources du Cameroun ne servent pas à construire des hôpitaux pour les Camerounais, mais à consolider des alliances de cour avec la haute finance internationale. Présenter de tels contrats comme des succès économiques est une imposture. C'est une trahison pure et simple des intérêts du peuple, orchestrée par une élite gouvernante qui semble s'être déconnectée des réalités de ses propres compatriotes. Le peuple camerounais réclame des comptes : où va l'argent de nos forêts et de nos terres concédées sous des baux dont le contrôle échappe au peuple?

Loïc Kodjay