À Yaoundé, l’intégration régionale a rencontré sa condition sécuritaire : faire circuler plus vite les personnes et les biens tout en identifiant mieux les risques.
En marge du Conseil des chefs de police d’Afrique centrale à Yaoundé, le président de la Commission de la CEMAC, Baltasar Engonga Edjo’o, a rencontré le président d’Interpol, Lucas Philippe. Les échanges ont porté sur la libre circulation, la criminalité transfrontalière et l’équipement des frontières.
La CEMAC cherche depuis des années à rendre effective la mobilité dans ses six États membres. Mais l’ouverture des frontières expose aussi les faiblesses des postes de contrôle, des fichiers et de la coopération judiciaire. Les trafics profitent des différences de procédures et des zones où l’État est peu présent. La réponse ne peut se limiter à multiplier les barrages : elle exige des données fiables, des agents formés et des règles communes.
La Commission a évoqué l’équipement en lecteurs de passeports biométriques, l’accès aux bases d’Interpol et la création ou le renforcement de corps de police dédiés aux frontières. Ces outils peuvent accélérer le passage des voyageurs réguliers et mieux détecter les documents signalés. Ils soulèvent aussi des questions de protection des données, de maintenance et de financement.
L’accord politique annoncé devra donc être traduit en architecture opérationnelle : quels postes prioritaires, quelles bases consultées, quelles garanties pour les citoyens et quel partage des coûts ? La sécurité ne doit pas devenir un prétexte pour ralentir encore la libre circulation. Bien conçue, elle peut au contraire la rendre plus prévisible et plus sûre.









