Infos Business of Friday, 9 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Budget 2027 : Le GECAM alerte sur 400 milliards de recettes fiscales supplémentaires

En préparation du budget 2027, le patronat dénonce la pression fiscale croissante, l’instabilité des règles fiscales et le recul de l’investissement public face aux dépenses de fonctionnement et au service de la dette.

Le patronat camerounais demande un changement de cap budgétaire. Lors de sa rentrée économique, organisée le 10 septembre à Douala, Célestin Tawamba, président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), a plaidé pour davantage d’investissement et une fiscalité plus prévisible. Le compte rendu, publié le 2 octobre, inscrit ces demandes dans la préparation du budget 2027.

Au cœur de l’alerte, les recettes fiscales attendues passent de 3 200 milliards de FCFA en 2025 à 3 600 milliards en 2026 : 400 milliards supplémentaires, soit 12,5 % de hausse. Le GECAM rapproche cette progression d’une croissance économique de 3,5 % en 2025, selon l’INS. Les deux indicateurs ne mesurent toutefois pas la même chose : l’objectif de recettes est exprimé en valeur, tandis que la croissance mesure l’évolution réelle de l’activité.

Pour le patronat, le risque reste celui d’une sollicitation accrue des entreprises déjà formelles. Les recettes internes non pétrolières doivent également passer de 13,2 % à 13,9 % du PIB.

L’organisation interroge surtout l’utilisation des ressources publiques. Elle retient un encours de dette de 15 607 milliards de FCFA à fin juin 2026, soit 44,2 % du PIB. Selon les proportions présentées dans son diagnostic, le service de la dette absorberait près de 40 % des charges, contre 23 % pour l’investissement public.

Le GECAM relève parallèlement que la part du fonctionnement serait passée de 65,1 % à 79,2 % entre 2016 et 2026, tandis que celle de l’investissement aurait reculé de 34,9 % à 20,8 %. Ces répartitions et celle du service de la dette ne doivent pas être additionnées sans clarification de leurs périmètres. Pour 2027, la demande est précise : faire progresser l’investissement plus rapidement que le fonctionnement.

Autre préoccupation : l’instabilité fiscale. Selon le patronat, le Code général des impôts, sans refonte structurelle depuis 2002, aurait subi plus de 2 500 modifications. La loi de finances 2026 aurait modifié 127 articles, contre 57 l’année précédente, et introduit plus de 40 nouveaux frais et redevances relevant d’une quinzaine de ministères.

Tout en reconnaissant la qualité du dialogue avec l’administration fiscale, le GECAM réclame une pause sur les nouvelles taxes, une refonte du code et des remboursements plus rapides des crédits de TVA.

Son objectif est d’élargir l’assiette plutôt que d’alourdir les prélèvements sur les mêmes contribuables. Il distingue ainsi l’informel de nécessité, qui appelle un accompagnement, de l’informel organisé visant à échapper aux obligations fiscales. Pour le patronat, le budget 2027 devra renforcer les capacités de production, condition d’une augmentation durable des recettes de l’État.

Boris Bertolt