Il est rarissime qu'un préfet en exercice soit traduit en justice par un simple citoyen. Pourtant, c'est ce qui arrive à Mvogo Sylyac Marie, préfet du Wouri — le département qui abrite Douala, capitale économique du Cameroun. Dans une enquête publiée par Le Courrier sous la plume d'Olivier Mbelle, on apprend que depuis le 5 décembre 2025, une ordonnance du président de la Cour d'Appel du Littoral Emmanuel Arroye Betou a désigné les tribunaux de Yabassi et du Nkam pour instruire la plainte déposée le 28 novembre 2025 par Kapche Bogne épouse Tazanou contre le préfet et son coaccusé présumé Sosso Essie Claude pour « abus de confiance, favoritisme en complicité et tentative d'escroquerie » — des faits qu'une source judiciaire relie à une transaction foncière illégale. Les Tribunaux du Wouri étant légalement incompétents pour juger leur propre préfet, c'est la Cour d'Appel du Littoral qui a dû désigner une juridiction extérieure pour diligenter les poursuites. L'affaire n'en est encore qu'au stade de l'information judiciaire — mais selon le journaliste, la hiérarchie yaoundéenne du préfet pourrait anticiper en le limogeant pour lui permettre de préparer sa défense. Un homme qui, dans le Wouri, est décrit par ses administrés comme « le roi de la gaffe ».
DÉLINQUANCE PRÉSUMÉE: LE PRÉFET DU WOURI, MVOGO SYLYAC TRADUIT EN JUSTICE POUR ABUS DE CONFIANCE ET TENTATIVE D’ESCROQUERIE… Par Olivier MBELLE
Une autorité préfectorale, en poste dans l’un des départements les plus sensibles du Cameroun, traduite devant un tribunal civil.
Le fait est suffisamment rare pour être signalé. Pourtant, le préfet du Wouri, département qui abrite la métropole économique, Douala, Mvogo Sylyac Marie est, depuis le 5 décembre 2025, envoyé devant le parquet des Tribunaux de Première et de Grande instance de Yabassi et du Nkam.
Figure de proue d’une sordide affaire avec, comme coaccusé, Sosso Essie Claude, il y est traîné en justice par dame Kapche Bogne épouse Tazanou pour des faits d’«abus de confiance, favoritisme en complicité et tentative d’escroquerie», condamnés au sens des articles 74, 94, 143 et 318 (1) b et c du Code pénal. Selon une source judiciaire proche du dossier, l’affaire aurait un rapport avec une transaction foncière illégale. D’après l’ordonnance portant désignation d’une Cour pour le jugement d’un préfet, prise par le président de la Cour d’Appel du Littoral, Emmanuel Arroye Betou, c’est le 28 novembre 2025 que la plainte de dame Kapche Bogne épouse Tazanou, a été enregistrée. Elle a saisi le substitut près le Tribunal de Première Instance de Douala-Bonanjo, d’une plainte avec constitution de partie civile. Problème : les Tribunaux d’instances dans le département du Wouri ne peuvent pas juger le préfet de céans en fonction.
Risques de limogeage
En effet, et selon le Code de procédure pénale, un chef de circonscription administrative ou un officier de police judiciaire, ayant commis un crime ou un délit, dans l’exercice et même hors de ses fonctions, ne peut être jugé par le Tribunal de son ressort de compétence. En pareil cas, le Parquet et une juridiction autre, doivent alors être désignés pour diligenter les poursuites.
En clair, le président de la Cour d’Appel du Littoral se devait donc de statuer aux fins de désigner un Parquet autre que celui du Wouri, à même de diligenter les poursuites judiciaires, ainsi que la juridiction de jugement devant connaître de l’affaire en jugement le cas échéant.
C’est dire que le cas Mvogo Sylyac Marie et de son acolyte présumé, Sosso Essie Claude, n’en est encore qu’au stade l’information judiciaire à venir, avant éventuellement un jugement au fond. Entre-temps, il n’est pas exclu que la hiérarchie du préfet à Yaoundé, veuille anticiper en le libérant de ses contraintes professionnelles dans le commandement territorial – un limogeage éventuel – pour lui permettre de mieux préparer sa défense.
L’attitude du chef de terre de l’un des départements les plus influents du pays, bien que présumé innocent, ne manque pas d’interroger la classe politique et le cercle administratif de la ville de Douala. Contacté par Le Courrier, le préfet du Wouri ne s’est pas prononcé sur la question. D’autant que les fréquents dérapages de cet homme haut en couleurs sont, régulièrement, contestés par ses administrés. Dans le Wouri, en général et à Douala, en particulier, Mvogo Sylyac Marie est connu pour être le roi de la gaffe. Vrai ou faux ? Les avis divergent bruyamment sur la question dans le département du Wouri.
Ainsi va la République









