Actualités of Saturday, 21 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Succession présidentielle : Jeune Afrique met en lumière l'absurdité constitutionnelle

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La révélation de Jeune Afrique, publiée ce 21 mars 2026, mérite qu'on s'y arrête. Jusqu'au 17 mars 2026, Marcel Niat Njifenji — 91 ans, hospitalisé à répétition, absent de la plus grande partie des sessions du Sénat depuis des années, représenté dans ses propres cérémonies — était constitutionnellement le successeur théorique de Paul Biya en cas de vacance présidentielle. Autrement dit : si le chef de l'État, lui-même nonagénaire, avait été empêché d'exercer ses fonctions, c'est un homme de 91 ans, malade et physiquement diminué, qui aurait dû prendre les rênes d'un pays de 28 millions d'habitants.


Jeune Afrique formule cette réalité sans détour : « Depuis la mise en place du Sénat en 2013, il était le successeur institutionnel théorique du chef de l'État en cas de vacance présidentielle. Une fonction éminemment sensible, en particulier quand le président du pays est lui-même nonagénaire. »
Cette phrase dit tout sur le décalage entre le droit constitutionnel et la réalité physique du système. Pendant des années, la deuxième personnalité de l'État — celle qui aurait dû prendre le relais en cas d'impossibilité du président — était un homme que Jeune Afrique décrit comme « rarement présent en séance, très souvent représenté », avec un état de santé « fortement altéré » et des séjours médicaux réguliers à l'étranger. La Constitution prévoit un dauphin. Le dauphin était lui-même hors d'état d'exercer.

Le vide constitutionnel qui nourrit toutes les spéculations sur la succession
C'est précisément ce vide — une succession théoriquement encadrée mais pratiquement impossible dans les conditions réelles — qui nourrit depuis des mois les spéculations sur la réforme constitutionnelle en cours et la création d'un poste de vice-président. En nommant Aboubakary Abdoulaye, nouveau président du Sénat, Biya a provisoirement résolu le problème : son successeur institutionnel a désormais 64 ans et est en pleine possession de ses capacités.
Mais Jeune Afrique pose la vraie question en conclusion : « Présage-t-elle d'une nouvelle ère qui viendrait clarifier l'hypothétique succession du chef de l'État, favorisant ou non l'un des clans qui se disputent le contrôle de ce futur processus ? » Et sa réponse est celle qu'on attendait : « Comme très souvent à Yaoundé, seul Paul Biya détient la réponse à cette question. »