Actualités of Saturday, 21 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Retraite de Niat Njifenji : Jeune Afrique révèle qu'il avait lui-même sollicité son départ auprès de Paul Biya

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Contrairement à la version officielle d'une recomposition ordonnée par Paul Biya, Jeune Afrique révèle ce 21 mars 2026 une réalité plus nuancée et plus humaine du départ de Marcel Niat Njifenji de la présidence du Sénat : l'homme de 91 ans avait lui-même, « à plusieurs reprises », fait part à Paul Biya de son souhait de se retirer. Et pendant des années, le chef de l'État avait refusé.

« Fatigué, il avait discrètement sollicité la possibilité d'une retraite »
La révélation de Jeune Afrique est précise : Niat Njifenji « avait discrètement sollicité auprès du chef de l'État la possibilité d'une retraite ». Un homme épuisé par l'âge, les hospitalisations répétées — notamment à l'Hôpital américain de Paris —, qui demandait à partir, et à qui Paul Biya répondait, implicitement, de rester.

Cette résistance du chef de l'État à laisser partir ses compagnons n'est pas nouvelle — elle constitue, selon Jeune Afrique, l'une des règles non écrites du système Biya. Mais dans le cas de Niat, elle prend une dimension particulièrement saisissante : un nonagénaire malade, retenu dans ses fonctions par la volonté d'un chef de l'État lui-même nonagénaire.

« Informé bien en amont » : une sortie sans disgrâce, préparée dans le secret
Jeune Afrique apporte une précision importante sur les conditions du départ. Niat Njifenji « avait été informé bien en amont », assure une source au sein du Comité Central du RDPC contactée par le magazine. Sa sortie « ressemble davantage à la fin d'un cycle » qu'à une disgrâce — une nuance que l'entourage de l'ancien président du Sénat tient à faire valoir.

« Le chef de l'État avance sans brusquer les choses, en retirant progressivement les figures historiques du premier cercle et en essayant de redistribuer les équilibres », confie à Jeune Afrique une source proche de la présidence. Une recomposition « minutieusement pensée », présentée comme la réponse ordonnée à une nécessité médicale autant que politique — dans un contexte où la perspective d'une transition prochaine « alimente toutes les conjectures ».

Le cinquième étage du Palais des Congrès : les dernières audiences d'un patriarche

Jeune Afrique décrit les dernières semaines de Niat au Sénat avec une précision qui dit tout. Derrière « plusieurs filtres de sécurité », au cinquième étage du Palais des Congrès, il recevait encore « par intermittence quelques visiteurs triés sur le volet, tel un patriarche que le système continuait malgré tout à respecter ». Une image qui capture mieux que tout discours la nature de sa fin de règne : présent en titre, absent en fait, respecté en symbole.