Actualités of Saturday, 21 March 2026

Source: www.camerounweb.com

Cameroun : de 58 à 70 départements et de 360 à 400 communes avant les élections de décembre — Raoul Christophe Bia révèle le plan

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Le redécoupage administratif du Cameroun n'est plus un secret de palais. Le journaliste Raoul Christophe Bia, figure proche des cercles du pouvoir de Yaoundé, a révélé les contours d'une reconfiguration territoriale majeure qui devrait intervenir avant la tenue des élections locales prévues le 20 décembre 2026. Selon une source au ministère de l'Administration Territoriale citée par Bia, le pays passerait de 58 à environ 70 départements, et le nombre de communes d'arrondissement bondirait de 360 à 400.


C'est la capitale camerounaise qui connaîtrait les mutations les plus spectaculaires. Actuellement découpée en sept communes d'arrondissement, Yaoundé devrait en accueillir trois de plus : un Yaoundé 8, un Yaoundé 9 et un Yaoundé 10. Les localités pressenties pour intégrer ce nouveau périmètre municipal élargi sont nombreuses : Nkolnda, Nsimalen, Monti, Tom, Nkoabang, une partie de Nkoloafamba, Nkoazoa, Nkolfoulou, Akak, Nkometou, Essazock, Pont Bascule et Nomayos — autant de zones périurbaines en forte croissance démographique qui seraient ainsi formellement rattachées à la mégalopole de Yaoundé.
Raoul Christophe Bia ne cache pas son intérêt personnel dans ce mouvement : « Je serai candidat au poste de conseiller municipal », annonce-t-il sans détour.


Cette reconfiguration territoriale ne se limite pas à une rationalisation administrative. Elle s'inscrit dans un contexte politique précis, identifié par plusieurs analystes depuis plusieurs semaines : la multiplication des départements et des arrondissements constitue un levier électoral puissant pour le RDPC, en créant de nouveaux fiefs et en fragmentant les zones où l'opposition est historiquement forte.

En augmentant le nombre de sièges de conseillers municipaux à pourvoir, cette réforme ouvre également la voie à une plus grande inclusion politique locale — chacun pouvant, comme le note Bia, « envisager d'être élu conseiller municipal dans sa localité ». Une démocratisation de façade, diraient certains. Un ancrage territorial renforcé du parti au pouvoir, diraient d'autres.


Ce redécoupage viendrait compléter le tableau des réformes institutionnelles en cours, qui incluent selon des sources concordantes la révision de la Constitution avec la création d'un poste de vice-président et la réduction ou la limitation du mandat présidentiel. Ensemble, ces chantiers dessinent le visage d'un Cameroun post-Biya que Yaoundé semble vouloir préparer — sans jamais l'annoncer franchement.