La bataille pour le contre du scanning au Port Autonome de Douala (PAD) cache une autre réalité qui est en réalité le contrôle des finances du pays. Après avoir placé ses hommes dans les différents appareils sécuritaires du Cameroun, Ferdinand Ngoh Ngoh veut avoir la mainmise sur le principal poumon économique du pays (PAD) qui a sa tête un de ses inconditionnels, Cyrus Ngo'o. Sauf que le ministre des finances Louis Paul Motaze, soutenu par le premier ministre Joseph Dion Ngute et le garde des sceaux, ministre de la justice Laurent Esso.
En 10 ans, les forces de défense camerounaises ont saisi et détruit plus de 3 000 armes et équipements militaires. Ces informations ont été publiées par l’ISS (l’Institut d’études de sécurité en Afrique). Ces équipements militaires (armes légères, munitions, vêtements) ont principalement été saisis à Maroua, Toubourou, Garoua et Guider.
Depuis la crise de Boko Haram et la présence sécuritaire renforcée, ainsi que depuis le début de la guerre du NoSo et le renforcement de la sécurité des frontières à travers la création de nouvelles régions militaires, les armes n’entrent plus au Cameroun par les frontières. L’unique porte d’entrée pour les armes lourdes en quantité suffisante pour soutenir des guerres pendant des années reste les ports.
Selon un rapport « Statistical Risk » publié par United States Holocaust en 2020, le Cameroun se situe actuellement au 9e rang des pays à risque de massacres de masse. Ce rapport est soutenu par la dégradation sans cesse croissante de la qualité de vie des populations, la corruption et les appétits des successeurs putatifs du président Paul Biya en cette fin de règne.
La rivalité entre les clans est si forte qu’elle met en péril la stabilité du pays. L’exemple le plus parlant est le scanning au port de Douala.
Principale porte d’entrée du pays, avec un trafic portuaire de plus de 12 millions de tonnes, c’est au port de Douala que transite l’essentiel de la logistique militaire des pays comme le Cameroun, le Tchad et la RCA, même si certaines armes sensibles transitent par voie aérienne.
L’enjeu du conflit qui oppose la SGS au PAD est-il simplement financier ?
Ce n’est plus un secret pour personne : au Cameroun, une forte rivalité oppose le ministre des Finances, neveu du président de la République, et le SGPR, qui serait l’un des protégés de la Première dame. Cette rivalité est visible sur plusieurs champs, notamment dans les dossiers du PAD depuis l’arrivée de Cyrus Ngoh, le financement des projets de la CAN lorsqu’ils étaient contrôlés par la Task force, et bien d’autres dossiers.
L’un contrôle les finances et le second les appareils sécuritaires de l’État, avec un avantage sur la délégation des signatures du président. Qu’est-ce qui peut donc justifier la détermination du ministre des Finances à maintenir la SGS au PAD malgré les révélations sur le contrat de la SGS, qui s’apparente à une trahison de la part des signataires ?
Le Premier ministre, chef du gouvernement, a insisté sur le respect de la loi qui, selon le contrat, permet à la SGS de poursuivre ses activités. Mais à quel prix, lorsqu’on sait combien le Trésor public perd dans ce deal ?
Pour le DG du PAD, il y a la loi et il y a la légitimité. C’est dans ce sens qu’il a voulu convoquer la SGS pour une plateforme de collaboration ; cette dernière a décliné l’invitation.
Enjeu de fin de règne : Transatlantic est le choix du PAD.
Pourquoi un partenaire privé, alors qu’on peut équiper la douane d’appareils de scanning pour qu’enfin la sécurité et le contrôle des marchandises soient effectués par l’État du Cameroun, comme c’est le cas ailleurs dans le monde (Algérie, France, Russie, Chine, Ghana, etc.) ?
Comment expliquer cet entêtement au point de mettre en péril le pouvoir d’achat à travers la double taxation des matières premières ?
L’enjeu de cette bataille est-il seulement économique ?
Albin Michel Njilo (Construire Ensemble)









