Actualités of Monday, 3 August 2026
Source: www.camerounweb.com
L'hypothèse d'un duo père-fils à la tête de l'État camerounais ne se joue pas seulement dans les cercles du pouvoir : elle se joue d'abord en famille. Une enquête de Jeune Afrique dévoile les tensions internes qui opposeraient, autour de la restauration de la vice-présidence, le clan de Franck Biya à celui de la première dame Chantal Biya.
Selon Jeune Afrique, l'épouse française de Franck Biya, Virginie Sonia Renée Baroux, mariée à lui depuis 2009, constituerait l'une des figures les plus discrètes mais les plus influentes de son premier cercle, partageant notamment ses intérêts dans l'immobilier via une société basée à Nice. Sa fille, Emmanuelle Baroux, dirigerait de son côté un incubateur d'entreprises fondé par Franck Biya, incarnant selon le magazine « la nouvelle génération du clan ».
L'enquête souligne également le rôle de Dieudonné Evou Mekou, neveu de Paul Biya et cousin de Franck, dont l'ascension — de la Caisse autonome d'amortissement à la présidence de la BDEAC — se serait appuyée sur le soutien de son cousin. Jeune Afrique rappelle par ailleurs que leurs deux noms ont été associés à l'affaire, jamais jugée, des OTZ de Camtel.
Autre figure clé selon l'enquête : Robert Nkili, oncle maternel de Franck Biya et ancien ministre, présenté comme un conseiller écouté qui s'emploierait aujourd'hui à préparer le terrain politique de son neveu dans la région du Sud.
Le point le plus sensible révélé par Jeune Afrique concerne l'opposition de la première dame. D'après le magazine, Paul Biya se serait personnellement prononcé en faveur de son fils aîné pour occuper le poste de vice-président, mais Chantal Biya s'y opposerait fermement, portant la candidature d'un proche de son propre entourage. Une situation de blocage qui, selon l'enquête, contraindrait Franck Biya à plaider sa cause en coulisses, y compris depuis l'Europe où il réside actuellement.
Cette rivalité familiale, telle que documentée par Jeune Afrique, éclaire d'un jour nouveau la nature du pouvoir à Etoudi : loin d'être seulement une question institutionnelle, la vice-présidence apparaît comme l'enjeu d'un arbitrage familial où se mêlent stratégies matrimoniales, réseaux de clans et rivalités de filiation.