Au-delà des cercles d'affaires et des couloirs du pouvoir, Franck Biya déploierait une stratégie d'influence plus large, mêlant diplomatie sportive et conquête électorale du septentrion camerounais. C'est ce que révèle une enquête de Jeune Afrique, qui dresse le portrait d'un homme soucieux de construire une image susceptible de dépasser les seuls cercles du pouvoir yaoundéen.
Jeune Afrique revient sur la visite très médiatisée de Kylian Mbappé au Cameroun en juillet 2023, présentée comme le résultat d'une opération patiemment préparée par Franck Biya en lien avec Yannick Noah. L'enquête précise que cette visite aurait aussi permis d'accueillir Fayza Lamari (mère du joueur), Joakim Noah et Francis Ngannou — une opération que le magazine qualifie « d'aussi relationnelle que diplomatique ».
Selon Jeune Afrique, Yannick Noah bénéficierait d'un accès privilégié à Franck Biya, au point d'avoir profité d'un événement privé organisé pour l'anniversaire de Paul Biya, en février 2026, pour plaider en faveur de son propre projet immobilier à Yaoundé, alors freiné par des difficultés administratives — un exemple concret, selon l'enquête, de la manière dont ces réseaux d'influence fonctionnent dans les deux sens.
Le volet le plus politique de cette stratégie, documenté par Jeune Afrique, concerne l'implantation de Franck Biya dans les régions septentrionales, réservoir électoral historique. L'enquête cite notamment Aboubakary Abdoulaye, lamido de Rey-Bouba, et Abdoulaye Yérima Bakary, lamido de Maroua, comme des relais permettant à Franck Biya de tisser des liens directs avec l'autorité traditionnelle de la région.
Jeune Afrique évoque également le rôle de Manaouda Malachie, ministre de la Santé originaire du Nord, dont la nomination gouvernementale aurait été appuyée, selon un proche cité dans l'enquête, par le fils du chef de l'État. Enfin, le magazine souligne la proximité entretenue avec Aminatou Ahidjo, fille cadette du premier président camerounais Ahmadou Ahidjo, dont le parcours politique en ferait, selon Jeune Afrique, « une interlocutrice utile dans le Grand Nord ».
Ce que cette enquête de Jeune Afrique met en lumière, c'est la construction méthodique d'une légitimité qui dépasse le seul sérail politique : image internationale via le sport, ancrage traditionnel via les chefferies du Nord, et alliances symboliques via l'héritage Ahidjo. Une stratégie qui, si elle se confirme dans les mois à venir, pourrait s'avérer décisive dans la course à la vice-présidence.









