Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat, est passé de vie à trépas le 11 avril 2026 au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Yaoundé.
Âgé de 92 ans, longtemps déclaré malade et reconduit successivement à la tête de la première chambre du parlement depuis sa création en 2013, son décès survient au moment où il venait d'être remplacé à la tête de cette institution législative le 16 mars 2026, par le Lamido de Rey Bouba, sa majesté Aboubakary Abdoulaye.
Né le 26 octobre 1934 à Bangangté dans la région de l'Ouest, Marcel Niat Njifenji fait ses études primaires et secondaires à Bangangté jusqu'à 13 ans. En 1954 au lycée général Leclerc de Yaoundé, il est lauréat du concours général de France et de l'Union française en histoire géographie. Il obtient son baccalauréat (mathématiques élémentaires) en 1955.
En France, il obtient une licence en sciences physiques et mathématiques à la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand, puis un diplôme d'ingénieur de Supélec. Il fait partie de la première vague retour d'étudiants camerounais allés étudier à l'étranger. Il intègre la fonction publique le 31 décembre 1960, au grade d'ingénieur des ponts et chaussées et des services techniques de l'État. Détaché le 6 décembre 1962 à l'Énergie électrique du Cameroun (ENELCAM), il est responsable du Bureau d'Études et à ce titre participe aux travaux de construction du barrage hydroélectrique d'Édèe III.
À la création de la Société d'électricité du Cameroun (EDC) en 1965, il est nommé chef du service Études et Travaux Neufs. À ce poste de 1965 à 1972, seront étudiés et réalisés sous sa conduite les premiers ouvrages de transport, de répartition et de distribution de l'énergie électrique et l'amorce de l'électrification rurale avec des techniques et des matériaux adaptés au contexte local.
Le 1er janvier 1973, il est nommé directeur général adjoint de l'EDC après avoir assumé quelque temps les fonctions d'attaché au directeur général chargé des études et de la programmation.
De mai 1974 à avril 1984 et de septembre 1989 à juillet 2001, il est directeur général de la SONEL (Société nationale d'électricité du Cameroun), société qu'il a créée sous les directives du Président de la République du Cameroun en fusionnant les sociétés préexistantes dans le pays : ENELCAM, EDC et POWERCAM.
Le 7 septembre 1990, Marcel Niat Njifenji fait sa première entrée au gouvernement comme ministre du Plan et de l'Aménagement du territoire. Il cumule avec les fonctions de directeur général de la SONEL, poste qu'il occupe jusqu'au 26 avril 1991.
Le 9 avril 1992, il est nommé vice-Premier ministre chargé des Mines, de l'Eau et de l'Énergie en gardant ses fonctions de Directeur Général de la SONEL.
Incarcération et relaxe
Après la tentative de coup d'État du 6 avril 1984, il est arrêté le 17 avril 1984 et incarcéré à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. Il demande à ses codétenus de lui lire la Bible, Issa Tchiroma Bakary, qui deviendra plus tard ministre de la République, la lui lire intégralement. Il sera relâché 8 mois plus tard, le 8 décembre 1984, aucune charge n'étant retenue contre lui.
Élu député du Rdpc dans le Ndé en 1992, il quitte son mandat de député pour continuer à exercer ses fonctions de directeur général de la SONEL qu'il cumule avec sa fonction de vice-Premier ministre. Membre du comité central du Rdpc, il est maire de la commune de Bangangté de 2002 à 2007.
À l'issue de la victoire du Rdpc aux élections sénatoriales de 2013, il est nommé sénateur du Cameroun le 8 mai, avant d'être élu président du Sénat le 12 juin suivant avec 86 voix sur 100. Il sera réélu à la tête de la chambre haute du parlement le 19 avril par 97 voix pour, un vote nul et deux abstentions, en suite le 22 mars 2024 par 91 voix pour 4 nuls. Entre autres distinctions honorifiques, il a été fait Grand cordon de l'ordre du mérite : Grand Officier de l'ordre de la Valeur ; Médaille d'honneur du travail en argent, vermeil et or ; Commandeur de l'ordre de l'Araignée (Bamoun).









