Actualités of Monday, 13 April 2026

Source: Le Jour

Succession de Paul Biya lancée: voici le Profil idéal du Vice Président, panique à bord

Image illustrative Image illustrative

Selon les médias étrangers, derrière la révision de la Constitution, « l'après Biya » est l'enjeu principal. Radio France International (Rfi), estime que : « Au Cameroun, l'après-Biya n'est plus tabou, tout comme l'hypothèse que le président n'aille pas au bout du septennat qu'il vient d'entamer. »
Alors qu'en 2024, le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, interdisait les débats sur la santé de Paul Biya, aujourd'hui, le politologue pro-pouvoir Mathias Eric Owona Nguini parle d'une réforme-réponse à la controverse de la présidentielle d'octobre (2025) sur le "réalisme" d'un huitième mandat pour un chef d'État âgé de 93 ans : "À travers ce projet, le président Paul Biya et son ordre gouvernent répondent à des préoccupations qui ont concerné aussi bien les Camerounais que les étrangers sur la nécessité d'avoir un cadre constitutionnel prévisible qui puisse assurer la stabilité et la continuité de l'État, au cas où le président Paul Biya ne pourrait plus exercer ses fonctions de président de la République."
Selon la nouvelle Constitution, le vice-président, en cas de vacance du pouvoir, prêterait serment et deviendrait automatiquement chef de l'État jusqu'à la fin du mandat en cours, donc jusqu'en 2032, sans avoir à organiser dans un délai restreint une élection présidentielle.
Cette révision de la loi fondamentale, Paul Biya ne l'avait formellement annoncée ni durant sa campagne, ni le jour de son investiture. Il n'en avait pas non plus fait mention dans ces derniers discours, parlant le 31 décembre seulement d'un "nouveau gouvernement" à venir "dans les prochains jours".
Pourtant, il n'y a là rien de réellement surprenant, selon Hilaire Kamga, secrétaire permanent de la plate-forme de la société civile pour la démocratie au Cameroun, pour qui cette démarche confirme seulement que les dirigeants au pouvoir veulent éviter au maximum la compétition électorale : "Ils ont réglé un problème par rapport à leur visée qui consiste à créer des conditions pour la perpétuation du pouvoir, pour que le même régime reste, mais on est dans une navigation à vue, la gestion au cas par cas, en attendant de voir comment le Rdpz [le parti présidentiel] s'organise pour garder le contrôle du pays, malgré la situation gravissime des revendications qui sont çà et là."

Les législatives, déjà décalées d'un an, sont repoussées à 2027. Un nouveau report des municipales est rendu possible par la modification du code électoral levant toute limite de délai à la prorogation du mandat des conseillers municipaux. Selon la révision constitutionnelle, dans ce contexte, Paul Biya, seul, pourra donc désigner son suppléant.
Au-delà du débat sur le caractère anti-démocratique de l'agencement, pour l'économiste Dieudonné Essomba, il est intéressant de noter à quelles zones grises de la gouvernance cette réforme tente de répondre : "Depuis que le président Paul Biya est devenu moins présent, il y a eu un très grand nombre de flottements, la fameuse séquence des hautes instructions prises au nom du chef de l'État sans que les gens croient trop à ces mesures-là. Enfin, concernant la succession, nous avons un système extrêmement tendu, dans lequel la succession risque de prendre un caractère volcanique : le poste de vice-président peut potentiellement atténuer cette violence."

Autres défis selon Dieudonné Essomba, auxquels un vice-président, selon son profil, pourra peut-être répondre : la crise économique et l'éventualité d'un plan d'austérité, ainsi que le conflit qui dure depuis huit ans dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.


Profil idéal du Vice-Président

Le Président Paul Biya a besoin d'un assistant de haut niveau pour l'aider dans l'accomplissement de sa lourde mission au moment où cette nécessité s'est imposée avec le temps. C'est très naturel, c'est une tradition constitutionnelle républicaine qui est pratiquée depuis que la construction institutionnelle de l'État est passée de la monarchie à la République. Tout débat complotiste et tendancieux est donc inutile.

Le Vice-Président devrait être un fidèle parmi les fidèles, choisi pour sa loyauté au Chef de l'État et sa compétence technique dans la gestion des dossiers de haut niveau. Il doit être un homme neuf ou un ancien haut collaborateur dont la réputation est immaculée tant au niveau des affaires de corruption et autres en cours, qu'au niveau des batailles de succession qui font les choux gras des médias depuis au moins une décennie.
Le Vice-Président doit être un homme de paix capable de continuer le cas échéant, à rassembler les camerounais autour de l'impératif de l'unité nationale, quelle que soit l'évolution souhaitée par certains de la forme de l'État. Il doit donc rassurer les populations tant anglophones que francophones, du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. Cette tâche ne sera pas facile au regard des velléités séparatistes et du repli identitaire qui ont fragilisé la cohésion sociale en créant un sentiment d'insécurité au sein de certaines communautés ethniques.

Le Vice-Président devrait également être choisi dans le respect des principes d'équilibre qui ont permis au Cameroun d'éviter la guerre civile généralisée et la division du pays telle que nous l'observons dans certains pays voisins où plus de 60 % du territoire national est partagé entre des groupes armés ayant établi leur propre administration mafieuse.

Le Vice-Président devrait être une véritable doublure du Chef de l'État dans une perspective de délégation ou de représentation, sans que ce rôle éminent apparaisse comme concurrentiel à l'image et au pouvoir du Président.
Ceux qui seraient mieux inspirés, peuvent compléter la liste des critères et peut-être proposer celle ou celui qu'ils croient capable d'assumer cette fonction délicate auprès d'un Président dont l'objectif majeur est de construire durablement la Grandeur et l'Espérance pour un Cameroun démocratique et prospère.