Quinze nouveaux agents viennent renforcer la Communauté urbaine de Bafoussam. Leur prestation de serment rappelle une frontière essentielle : ils participent à l’ordre urbain, mais ne se substituent ni à la police nationale ni à la gendarmerie.
La cérémonie organisée au tribunal de première instance de Bafoussam a placé les agents face à leurs responsabilités. Formés par la NASLA, ils doivent intervenir sur l’hygiène, la circulation locale, les marchés, l’occupation des voies et la tranquillité dans le cadre municipal. Leur autorité découle de la commune et du décret d’août 2022 qui organise la police municipale.
La distinction des compétences protège les citoyens et les agents eux-mêmes. La police municipale ne doit pas mener des enquêtes pénales ou reproduire les pouvoirs de coercition des forces nationales. Lorsqu’une situation dépasse son mandat, elle doit solliciter la police ou la gendarmerie. Cette règle est particulièrement importante dans les opérations concernant vendeurs ambulants, motos, stationnement ou saisie de biens.
Bafoussam a besoin d’ordre, mais aussi de confiance. Les agents seront jugés sur leur capacité à expliquer les règles, éviter les abus et produire des rapports traçables. Les badges dotés d’éléments d’identification peuvent aider les citoyens à reconnaître les agents formés, à condition qu’un mécanisme de plainte soit accessible et que les sanctions soient publiées.
Le renforcement des effectifs n’aura d’effet durable que si la ville règle les causes du désordre : manque d’espaces marchands, transport informel et insuffisance de stationnement. La police municipale ne peut pas remplacer l’aménagement urbain. Sa meilleure contribution consiste à faire respecter des règles claires dans une ville qui offre des alternatives réalistes.









