Réligion of Tuesday, 14 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Fermeture des églises au Cameroun : Quand Coach Lova Nyemb Bassong répond à Atanga Nji

L'inversion des valeurs a ceci de fascinant qu'elle peut faire passer le poison pour un remède L'inversion des valeurs a ceci de fascinant qu'elle peut faire passer le poison pour un remède

La coach Lova Nyemb Bassong monte aux créneaux pour défend la liberté de culte face aux appels à la fermeture des églises de réveil au Cameroun. S'appuyant sur son expérience personnelle, elle explique que sa foi chrétienne l'a aidée à surmonter des épreuves et rejette les stéréotypes selon lesquels les fidèles de ces églises seraient manipulés ou dépourvus d'esprit critique. Selon elle, le véritable défi du Cameroun ne réside pas dans les pratiques religieuses, mais dans des problèmes structurels tels que la corruption, le chômage, la pauvreté, la dégradation des valeurs et la mauvaise gouvernance.

Dans un pays en pleine dérive, je suis amusée de voir des gens affirmer que l’église abêtit, tout en soutenant que la prolifération des débits de boisson et des lieux de débauche est une meilleure alternative.

L'inversion des valeurs a ceci de fascinant qu'elle peut faire passer le poison pour un remède.

Le nombre de personnes qui ratent l’occasion de se taire sur la question de la fermeture des églises de réveil au Cameroun est affligeant, quoique révélateur. J’en vois même qui vont jusqu’à affirmer que ceux qui fréquentent ces églises sont des ratés, des gens sans intelligence à qui il manque plusieurs cases.
Sourire.
Si avoir une pratique spirituelle différente des héritages imposés signifie « manquer d’intelligence », alors je plaide coupable avec fierté.

Je m’appelle Lova Nyemb Bassong, je suis chrétienne, adepte des églises dites de réveil depuis bientôt 28 ans, et rien ni personne ne m’en fera sortir.

Je ne sais pas pour les autres, mais c’est dans la pratique de ma foi, en me rendant tous les dimanches à l’église, que j’ai eu la force de me réinventer dans un monde qui s’est longtemps tu sur les dérives sexuelles et les viols que des survivant.e.s comme moi ont subis — des violences qui ont failli nous broyer. Un monde qui a l’art d’éviter d’adresser les vrais problèmes qui minent la société pour s’acharner sur les choix spirituels de ceux qui cherchent un sens à leur vie, à leur façon.

Après 28 ans de marche, je sais que ma foi n'est pas un refuge pour les faibles, mais une force pour ceux qui ont le courage de se mirer dans la glace, de voir clairement leurs fêlures et d'emprunter le chemin du renouvellement intérieur.

Devant tous ces préjugés que je lis et perçois, ma plus belle réponse est le renouvellement et l’affirmation de ma foi. Si de le dire me fait tomber bas aux yeux de ceux qui affirment que je suis un modèle d’inspiration pour eux, je vous prie de vous trouver d’autres exemples, car je n’ai pas l’intention de sacrifier ma vérité pour satisfaire vos projections sur ma personne.

C’est précisément dans des moments comme ceux-ci que je suis heureuse de vivre dans un pays où la liberté de pratiquer sa foi et sa religion, à sa façon, est un droit inaliénable.

Un pays où près de 34 % de la population se dit sans religion et environ 8 % affirment être athées, mais où le respect absolu de la pratique et des croyances des autres est un pilier fondamental de la paix et la cohésion sociales.

Autant le RAPPELER, le problème au Cameroun ce n’est pas la foi et les pratiques des autres, mais c’est l’art de s’attaquer à ce qui n’en vaut pas la peine pour éviter les problèmes de fond à savoir : la misère morale et mentale, la médiocrité, l’addiction au misérabilisme, à la paresse et aux excuses, la mentalité de mendicité et de dépendance, le recours à la facilité ou à la corruption pour s’en sortir, le vol, la démission de nos responsabilités transférées sur les autres, le culte du paraître, l’orgueil vain, la vanité, l'effondrement des structures de soutien de base, et cette fâcheuse tendance à toujours diaboliser son prochain plutôt que de balayer devant sa propre porte.

Fermez les églises autant que vous voulez, cela ne fermera pas les sources d’eaux vives de notre foi qui coulent à l’intérieur de nous et ne tariront jamais.

Surtout, réussissez enfin à développer votre pays. Construisez des routes, donnez l’accès à l’eau potable et éradiquez le chômage. Donnez-vous enfin la vie que ces églises vous empêchent d’avoir !

Lova Nyemb Bassong