Politique of Thursday, 29 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Suspension du FSNC : Quatre partis d’opposition contestent la décision

Les quatre formations redoutent un affaiblissement du pluralisme politique Les quatre formations redoutent un affaiblissement du pluralisme politique

Le MP3, le MANIDEM, l’UDC et le PCRN, contestent la suspension de trois mois des activités du FSNC, décidée par le ministre de l’Administration territoriale le 27 octobre 2026. Malgré leurs différences de ton, les quatre formations redoutent un affaiblissement du pluralisme politique et une restriction de la participation du FSNC aux prochaines élections législatives et municipales.

Le MP3, le MANIDEM, l’UDC et le PCRN réagissent à la suspension pour trois mois des activités du Front pour le salut national du Cameroun. Dans les déclarations communiquées, ces formations expriment des inquiétudes convergentes sur le pluralisme et les prochaines élections, avec des différences de ton et de stratégie.

La suspension des activités du FSNC suscite des critiques dans plusieurs formations de l’opposition. Les quatre déclarations examinées font référence à un arrêté du ministre de l’Administration territoriale daté du 27 octobre 2026, interdisant au parti toute activité sur le territoire national pendant trois mois. Il s’agit donc d’une suspension temporaire, et non d’une dissolution.

Un point rapproche les réactions : la crainte que cette mesure fragilise la compétition politique à l’approche des prochaines élections législatives et municipales. Mais chaque parti développe sa propre lecture.

Le Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple — MP3, dans son communiqué du 27 octobre 2026, condamne fermement la décision et la présente comme une atteinte aux libertés d’expression, d’association et au pluralisme.

Son argumentation porte notamment sur la responsabilité collective. Pour le MP3, d’éventuelles condamnations individuelles ne suffisent pas à établir celle d’un parti politique. La formation interroge également le délai séparant les événements invoqués de la sanction, puis souligne une « coïncidence troublante » avec la période durant laquelle elle estime que devrait intervenir la convocation du corps électoral pour les scrutins de 2027.

Le MP3 demande l’annulation de la mesure et appelle le Premier ministre à intervenir.

Le MANIDEM adopte un ton plus offensif. Dans sa déclaration du 28 octobre 2026, intitulée « Halte à l’embuscade politique », il accuse le pouvoir de chercher à écarter ses principaux adversaires afin de favoriser les candidats du RDPC aux prochaines élections.

Sa lecture est explicitement politique : il considère la suspension comme un moyen de modifier la compétition par une décision administrative. Le MANIDEM appelle toutefois les acteurs politiques et la population à ne pas céder à ce qu’il qualifie de provocation, tout en les exhortant à s’organiser pour les échéances à venir.

L’Union démocratique du Cameroun — UDC, dans une déclaration signée par sa présidente nationale, Tomaïno Ndam Njoya, privilégie le questionnement institutionnel.

Le parti reprend les motifs qu’il attribue au MINAT : appel à l’insurrection, atteintes à l’intégrité territoriale, à l’unité et à la souveraineté nationales, incitation à la violence, troubles graves à l’ordre public et résidence à l’étranger d’un dirigeant statutaire. Ces griefs sont ceux rapportés par l’UDC ; leur reprise ne vaut pas constat de leur bien-fondé.

L’UDC demande surtout de clarifier la nature de la décision : mesure conservatoire ou sanction supplémentaire après les procédures judiciaires ? Elle s’interroge aussi sur un éventuel objectif d’empêcher les candidats du FSNC de préparer les prochaines élections.

Son appel porte sur l’organisation de scrutins aussi inclusifs que possible, dans un climat qu’elle décrit comme déjà profondément tendu.

Le Parti camerounais pour la réconciliation nationale — PCRN choisit, lui, de placer l’apaisement au premier plan. Dans son communiqué du 28 octobre 2026, il réaffirme son attachement à l’État de droit et à l’ordre public, mais estime que l’opportunité de la suspension doit être appréciée au regard du contexte politique et social.

Le PCRN invite Paul Atanga Nji à reconsidérer sa décision, au nom de la paix sociale et de la préservation du pluralisme.

Il adresse également un message à Issa Tchiroma Bakary, qu’il appelle à privilégier la participation aux prochains scrutins dans le cadre légal et républicain. Le parti souhaite que sa performance électorale de 2025 se traduise par une représentation institutionnelle effective.

Ces réactions dessinent une convergence sur la défense de l’espace politique, sans constituer une position commune négociée. Le MP3 réclame une annulation, le MANIDEM dénonce une stratégie d’éviction, l’UDC demande des clarifications et des élections inclusives, tandis que le PCRN mise sur le réexamen de la mesure et le dialogue.

Au cœur de leurs interventions se retrouve la même préoccupation : les conséquences concrètes de ces trois mois de suspension sur l’organisation du FSNC, la préparation de ses candidatures et la participation de ses militants à la vie politique.

Boris Bertolt