Le PCRN a publié une mise en garde quelques jours après la démission de Nourane Foster, qui avait notamment évoqué un climat de repli identitaire au sein du parti. Le parti de Cabral Libii appelle la Commission des droits de l’homme à examiner ces allégations et annonce des démarches pour protéger ses militants.
Neuf jours après la démission de la députée Nourane Foster, le parti de Cabral Libii affirme que certains de ses militants originaires de l’Ouest et leurs familles subissent des intimidations en raison de leur engagement politique. Dans un communiqué daté du 5 octobre 2026, il appelle la Commission des droits de l’homme du Cameroun à intervenir.
La bataille politique autour du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) prend une nouvelle dimension. Dans une « mise en garde » signée à Douala par son porte-parole national n°1, Christian Ndjock Nkongo, le parti dénonce des menaces, des intimidations et des pratiques d’exclusion visant plusieurs militants ainsi que leurs proches.
Selon le communiqué, les personnes concernées seraient notamment des Camerounais originaires de l’Ouest auxquels il serait reproché de soutenir Cabral Libii et de refuser de soutenir Maurice Kamto. Le PCRN affirme que ces pressions reposent sur l’appartenance ethnique : certains militants bamiléké seraient critiqués pour leur soutien à un responsable politique bassa.
Le document ne fournit toutefois ni nombre de personnes concernées, ni description détaillée des incidents, ni identité des auteurs présumés. Il ne permet pas non plus d’établir que Maurice Kamto aurait organisé ou encouragé ces agissements.
Cette prise de position intervient dans un contexte de rupture interne. Le 26 septembre 2026, Nourane Moluh Hassana épouse Fotsing, connue sous le nom de Nourane Foster, a annoncé son départ du PCRN avec effet immédiat. La députée du Wouri-Est invoquait de profondes divergences idéologiques et annonçait rejoindre le Pacte social pour la gouvernance (PSG).
Dans les comptes rendus de sa lettre de démission, elle reprochait notamment au parti l’absence de soutien après les critiques suscitées par sa participation à une invitation de Chantal Biya. Elle dénonçait également un climat de repli identitaire. Ces griefs constituent sa version de la rupture, contestée par le PCRN, dont la porte-parole Anne Féconde Noah a qualifié les accusations de « sidérantes ».
Le départ de Nourane Foster faisait suite à celui de son époux, Firmin Fotsing, ancien délégué régional du PCRN pour l’Ouest, en octobre 2025. Élue députée sous les couleurs du parti en 2020, elle représentait l’une de ses figures les plus visibles à Douala.
Le PCRN demande à la Commission des droits de l’homme du Cameroun de prendre la mesure des faits allégués. Il annonce également la saisine des instances compétentes et des mesures de protection de ses militants, sans préciser lesquelles ni indiquer qu’une procédure a déjà été engagée.
Boris Bertolt









