Politique of Saturday, 25 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Affaire du capitaine Effoudou : Oswald Baboke détruit définitivement les ambitions présidentielles de Ngoh Ngoh

'J'ai voulu préserver ma vie qui était mise en péril par Monsieur Ferdinand Ngoh Ngoh' 'J'ai voulu préserver ma vie qui était mise en péril par Monsieur Ferdinand Ngoh Ngoh'

L'affaire du capitaine Effoudou est un nouvel épisode des rivalités entre clans au sommet du pouvoir camerounais. Après plusieurs mois durant lesquels le Directeur adjoint du Cabinet civil, Oswald Baboke, a été fragilisé par diverses campagnes médiatiques, les accusations publiques portées par le capitaine Effoudou contre le Secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, marquent un renversement du rapport de force.

AFFAIRE CAPITAINE EFFOUDOU OU LA GUERRE DES CLANS AU PALAIS PRESIDENTIELLE : L'HEURE DE LA « REMONTADA » D'OSWALD BABOKE SUR FERDINAND NGOH NGOH ?

Au sommet de l’État camerounais, la lutte d'influence au sein du premier cercle du pouvoir n'est plus une rumeur de couloir : elle s'étale désormais en place publique. Entre campagnes d'information ciblées, déballages militaires et contre-offensives diplomatiques, la confrontation entre les centres de décision du Palais d'Étoudi franchit une nouvelle étape. Pendant plusieurs mois, le Directeur Adjoint du Cabinet Civil (DCCA), Oswald Baboke, s'est retrouvé au cœur de tempêtes médiatiques successives. D'une part, des accusations réitérées ont cherché à lier son nom et son environnement direct à des réseaux de trafic d'or et d'extraction illicite de minerai. D'autre part, la circulation de documents administratifs contestés sur les réseaux sociaux, notamment l'affaire du faux décret présidentiel, est venue nourrir l'idée d'un dysfonctionnement au sein des services de la présidence. Dans l'échiquier politique du sérail, ce genre de séquences n'est rarement le fruit du hasard : pour nombre d'observateurs, ces affaires portaient la marque d'un pôle d'influence rival cherchant à affaiblir le Cabinet Civil.

La trajectoire du rapport de force semble toutefois s'inverser avec l'éruption médiatique provoquée par le capitaine de gendarmerie Effoudou Awussi Kenneth. Dans une intervention vidéo de 27 minutes diffusée lors de l'émission Masterclass intitulée « L'enfer du paradis de Paul Biya », cet officier en fuite formule des accusations directes contre le sommet du Secrétariat Général de la Présidence de la République (SGPR). « J'ai commencé à recevoir les menaces de mort de certaines personnalités de la république. De manière directe, de l'ancien Ministre de la défense Ze Meka Rémy. Je ne suis pas un déserteur, j'ai voulu préserver ma vie qui était mise en péril par Monsieur Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la république » Capitaine Effoudou Awussi Kenneth. L'intervention du capitaine ne se contente pas de cibler le Secrétaire Général Ferdinand Ngoh Ngoh ; elle dresse une cartographie précise de l'appareil sécuritaire et administratif proche du SGPR, citant notamment le conseiller spécial Vice-amiral Joseph Fouda, le Chef d'escadron Bissé Vladimir, le Lieutenant-colonel Dieudonné Bialo et l'ancien Ministre de la Défense Rémy Ze Meka.

L'officier invoque explicitement le précédent de l'affaire Martinez Zogo pour justifier son refus d'honorer une convocation de la gendarmerie notifiée par le Colonel Otoulou, dénonçant un climat d'insécurité au sommet de l'État : « Le mot Omerta renvoie à la mafia sicilienne. Je parle maintenant pour que la vérité soit sue, le pays est entre les mains des personnes de très mauvaise éthique ». Cette prise de parole publique fragilise le dispositif du SGPR sur plusieurs fronts. Premièrement, voir un capitaine de gendarmerie briser le devoir de réserve et cibler nommément sa hiérarchie sécuritaire démontre une fissure nette dans l'appareil de défense. Deuxièmement, en exposant le Secrétariat Général à une pression publique inédite, cette séquence offre au Cabinet Civil et à Oswald Baboke un terrain favorable pour opérer une contre-offensive politique. Enfin, la référence explicite aux méthodes évoquées lors de l'enquête Martinez Zogo réactive les inquiétudes sur la gestion des luttes de clan en fin de règne. Dans cette guerre de positions où chaque coup porté via les médias ou la justice interne redéfinit l'équilibre des forces, l'épisode Effoudou marque un tournant incontestable dans la redistribution des cartes au sommet de l'État.

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