Politique of Wednesday, 22 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Vacance du pouvoir : La réponse cinglante de Mamadou Mota détruit Jacques Fame Ndongo

'Pour masquer ce grand vide, vous sortez la grosse artillerie de la pédanterie' 'Pour masquer ce grand vide, vous sortez la grosse artillerie de la pédanterie'

Selon le vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), le Minsup est un «un étalage théâtral de citations philosophiques mal digérées».
Le vice-président du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Mamadou Mota critique vivement le communiqué de Jacques Fame Ndongo, qu'il accuse de recourir à des références philosophiques pour éviter de répondre aux interrogations suscitées par les 44 jours d'absence du président Paul Biya.

«Monsieur le Ministre,
Quelle fulgurance ! Quel étalage théâtral de rhétorique et de citations philosophiques mal digérées pour tenter d’aveugler les Camerounais ! En lisant votre communiqué estampillé du Ministère de l’Enseignement Supérieur, on hésite entre le vertige d’une tribune d’agrégé en plein délire et le comique troupier d’un régime aux abois.

Puisque vous convoquez Aristote, Sartre et Voltaire pour camoufler un vide institutionnel criant, permettez-moi de vous ramener à une réalité un peu plus prosaïque : 44 jours d'absence du Chef de l'État et la Constitution de la République du Cameroun.

Vous qualifiez de barbarisme juridique la seule évocation du mot vacance. Mais de qui vous moquez-vous ? Que connaissez vous du droit? Et même du journalisme, on compte vos publications qui d'ailleurs provoquent la nausée chez l'esprit aguerris

L’rticle 6, alinéa 4 de notre loi fondamentale est pourtant d'une clarté limpide : « En cas de vacance de la Présidence de la République pour cause de décès, de démission ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil Constitutionnel... ».

Rien de très « aristotélicien » là-dedans, Monsieur le Secrétaire à la communication. La vacance n'est pas un concept métaphysique, c'est une réalité juridique prévue par la règle de droit ! Prétendre qu’aucune disposition légale ne fixe la durée maximale d’un séjour présidentiel à l’étranger pour balayer le débat relève du sophisme pur.

À partir de combien de semaines d’absence physique l’exercice de la magistrature suprême devient-il une vue de l’esprit ? 44 jours loin du territoire national, ce n'est pas un séjour, c'est un exil de fait. Le pouvoir exécutif s'exerce au cœur de la Nation, pas par signaux de fumée ou par télépathie depuis des suites hôtelières à l'autre bout du monde.

Vous nous assurez, la main sur le cœur, que le Chef de l’Exécutif est au travail et qu'il suit méticuleusement les dossiers « par les moyens électroniques ». Vraiment ? Le Cameroun serait donc devenu le premier pays au monde gouverné en télétravail clandestin ? Et que dire de vos déclarations selon lesquelles les opposants sont justes sur les réseaux sociaux ?

L’Article 5 de la Constitution dispose que le Président de la République veille au respect de la Constitution et assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics. Comment assurer la continuité et la régularité des institutions républicaines quand la présence même du Chef de l'État relève de l'apparition divine ou de l'acte de foi ? Comment signer des décrets, présider des conseils des ministres ou faire face aux urgences sécuritaires et économiques de la Nation par procuration numérique invisible ? On signe depuis Genève et on marque Yaoundé. C'est ça ?

Ce n'est pas une somnolence, Monsieur Fame Ndongo, c'est une léthargie systémique garantie par des communicants qui préfèrent les acrobaties littéraires à la vérité des faits.

Pour masquer ce grand vide, vous sortez la grosse artillerie de la pédanterie :

- Un zeste de Sartre : « L’homme est la somme de ses actes ». Précisément ! Et la somme des actes actuels de l’exécutif se résume à une absence de 44 jours et à des communiqués d'autosatisfaction rédigés dans la panique.
- Une pincée de Voltaire : « Il faut cultiver son jardin ». Le problème, c'est que le jardin de la République se décompose pendant que ses jardiniers font de la philosophie de comptoir !
- « L'enfer, c'est les autres », citez-vous avec un brin de condescendance. Mais en l'occurrence, l'enfer des Camerounais, ce ne sont pas « les autres », ni la médisance. L'enfer, c'est cette obstination absurde à traiter les citoyens comme un public inculte incapable de constater qu'un pays ne peut pas être dirigé en mode fantôme pendant plus d'un mois et demi.

Plutôt que d'invoquer l'éthique universelle et éternelle pour museler les inquiétudes légitimes de 30 millions de citoyens, appliquez simplement le droit. Le Cameroun n'a pas besoin d'exégèse littéraire, il a besoin d'un État incarné, présent sur son sol et comptable de ses actes devant la Nation.

Rangez vos manuels de philosophie, Monsieur le Ministre : la Constitution n'est pas une œuvre de fiction, et la patience des Camerounais a des limites que vos effets de manche ne suffiront plus à masquer.»