La réforme constitutionnelle annoncée au Cameroun, prévoit un poste de vice-présidence. Comme pendant les années d’après l’indépendance du pays, ce poste va certainement être confié à une personnalité politique issue du monde anglophone. Plusieurs noms circulent déjà au sein du système.
Qui sera le vice-président du Cameroun ? Les candidats en lice et les enjeux d’une transition « douce ». Alors que le Cameroun amorce ce que certains observateurs qualifient de « transition douce », la désignation d’un vice président cristallise l’attention politique et médiatique.
Cinq personnalités sont régulièrement citées comme potentielles titulaires du poste : Dion Ngute, Batonnier Akere Muna, Dr Christopher Fomunyuh, Batonnier Éric Mbah et Paul Atanga Nji.
Chacun représente une option politique et symbolique différente — et le choix final en dira long sur l’équilibre des forces au sein de l’élite dirigeante.
Dion Ngute : l’homme de la continuité
"/>
Premier ministre sortant et technocrate chevronné, Dion Ngute incarne la continuité de l’appareil étatique. Sa longue présence dans l’administration et sa connaissance des rouages du pouvoir en font un candidat rassurant pour ceux qui souhaitent une transition maîtrisée, sans rupture majeure. Nommer Ngute reviendrait à privilégier la stabilité politique et la gestion pragmatique des dossiers économiques et sécuritaires, en particulier dans les régions en proie aux violences.
Akere Muna : la caution réformatrice
"/>
Avocat de renom et figure de l’opposition modérée, Batonnier Akere Muna représente la voie de la réforme et de la respectabilité internationale. Son curriculum et son engagement pour l’État de droit lui confèrent une image de modernité et d’ouverture. Son accession au poste de vice président serait perçue comme une concession significative aux élites civiles et aux partenaires étrangers, cherchant à apaiser les critiques sur la gouvernance et la transparence.
Dr Christopher Fomunyuh : le lien avec la société civile
"/>
Scientifique et acteur reconnu dans les cercles de la société civile et des think tanks, Dr Christopher Fomunyuh pourrait offrir au régime une boussole technique et consensuelle. Sa nomination serait un signal fort en direction des électeurs éduqués et des milieux académiques, soulignant la volonté d’intégrer davantage d’experts non issus des réseaux politiques traditionnels.
Éric Mbah : le profil juridique et institutionnel
"/>
Comme Akere Muna, Batonnier Éric Mbah porte un profil juridique, mais avec un ancrage différent dans les arènes nationales. Son parcours lui donnerait la légitimité pour conduire des réformes institutionnelles et consolider les mécanismes juridiques d’un exécutif bicéphale. Il constituerait, pour les pouvoirs publics, une réponse aux attentes de réformes procédurales sans ouvrir la boîte de Pandore des changements politiques profonds.
Paul Atanga Nji : le maillon sécuritaire et territorial
"/>
Figure connue pour son rôle dans la gestion des crises et des questions sécuritaires, Paul Atanga Nji incarnerait une option tournée vers l’autorité et le maintien de l’ordre. Sa nomination serait interprétée comme la volonté de garder la main ferme sur les régions sensibles et de rassurer les forces de sécurité. Ce choix pourrait cependant susciter des réserves chez les milieux réformateurs et les défenseurs des droits civiques.
Les objectifs d’une transition « douce »
Derrière la question du nom se joue une stratégie politique plus large : réussir une transition sans rupture, préserver la cohésion des élites et répondre aux pressions nationales et internationales pour plus d’ouverture. Un vice président issu de l’administration privilégiera la continuité ; un profil civil ou issu de la société civile enverra un message de réforme ; un choix sécuritaire renverra à la priorité donnée à la stabilité territoriale.
Les équilibres à respecter
Le prochain occupant du poste devra composer avec plusieurs impératifs : apaiser les régions anglophones et les tensions sociopolitiques, soutenir la relance économique post pandémie, et répondre aux attentes de transparence et de lutte contre la corruption. Par ailleurs, le caractère symbolique du choix — représentation régionale, linguistique, générationnelle — jouera un rôle central dans la perception publique.
Noah Omgba Leopold









