Blériot Nyemeck, patron de NTV est accusé d’avoir profité du système de Ponzi qui aurait ruiné des centaines de milliers de Camerounais, puis d’avoir utilisé les fonds ainsi obtenus pour financer la création de sa chaîne de télévision. Cette accusation fait suite à son affirmation selon laquelle il a gagné près d’un milliard de FCFA en huit mois grâce à la cryptomonnaie Liyeplimal.
Blériot Nyemeck est complice de l’arnaque Liyeplimal, il doit être arrêté
Il l’a lui-même dit, devant les caméras et sans y être contraint. Sur le plateau d’Obama Time, sur A1, face à Ernest Obama, Blériot Nyemeck, patron de NTV, déclare avoir gagné près d’un milliard de francs CFA en huit mois grâce à la cryptomonnaie, et notamment grâce à Liyeplimal.
Dans la même émission, il reconnaît avoir travaillé pour Émile Parfait Simb et avoir été son conseiller pendant plusieurs mois. Ce sont deux aveux, prononcés en direct, sur une escroquerie qui a ruiné des Camerounais par centaines de milliers.
Liyeplimal n’est pas une opportunité crypto qui a mal tourné. C’est une pyramide de Ponzi, qui payait les anciens avec l’argent des nouveaux jusqu’à son effondrement. Près de 300 000 personnes y ont été escroquées et près de 5 000 milliards de francs CFA ont été volés. Plus de la moitié du budget du Cameroun volé par quelques personnes.
Des familles y ont perdu leurs économies, leurs tontines, des couples se sont séparés, des victimes se sont suicidés, certains remboursent encore des prêts contractés pour Liyeplimal.
Arrêté à l’aéroport de Douala en mai 2022, Émile Parfait Simb ressort libre 48 heures plus tard, puis quitte le pays avec un passeport diplomatique centrafricain. La justice béninoise l’a depuis condamné à 7 ans de prison ferme. Les faits sont jugés, ailleurs que chez nous.
Une pyramide de Ponzi ne crée aucune richesse : elle prend aux uns pour donner aux autres. Celui qui en sort avec un milliard ne l’a donc pas gagné. Il a encaissé l’argent des victimes. Et celui qui encaisse ce milliard tout en conseillant le promoteur n’est ni une victime ni un investisseur chanceux : il fait partie de la machine. Dans un pays sérieux, Blériot Nyemeck aurait trouvé le fisc au pied du plateau, et le procureur de la République se serait saisi le soir même. Au Cameroun, il est rentré chez lui et il continue d’émettre.
C’est avec cet argent qu’il a créé NTV. Il dit lui-même employer une quarantaine de Camerounais et n’avoir aucun financement publicitaire. Quarante salaires, du matériel, des locaux et des frais de diffusion, sans aucune recette publicitaire : une chaîne qui coûte plus qu’elle ne rapporte n’a qu’une seule fonction possible. Injecter dans une entreprise légale l’argent tiré d’une escroquerie s’apparente à du blanchiment. Le fisc et la justice doivent ouvrir les comptes de NTV.
Ne soyez pas dupes de sa posture actuelle. Blériot Nyemeck se présente en porte-voix du bas peuple et en compagnon des forces du changement. C’est une opération d’image calculée. Il cherche la sympathie populaire et se fabrique une virginité pour faire oublier qu’il était au cœur du système Liyeplimal, aux côtés d’Émile Parfait Simb. On ne défend pas le peuple avec l’argent qu’on a aidé à lui prendre.
Il n’est pas seul ; comme nous l’avons révélé, le bamiphobe escroc international Joël Nkouemo suit le même chemin. Il bâtit aujourd’hui un empire médiatique avec Times TV, Tropical FM,Capitale Radio, le journal le temoin. Lui aussi a été au cœur du système Liyeplimal, s’y est considérablement enrichi et utilise cette fortune pour faire du trafic d’influence. C’est lui qui a payé la caution d’Émile Parfait Simb et lui a permis de fuir le Cameroun vers la Centrafrique, où l’escroc est conseiller du président Faustin-Archange Touadéra. Nkouemo et Nyemeck se connaissent intimement. Ils ont puisé à la même source et lavent leur image avec le même argent. Aujourd’hui, ils se rendent coup bas pour coup bas par médias interposés, mais leur querelle ne doit tromper personne : ils sortent du même moule.
Le procès de Liyeplimal doit se tenir un jour dans ce pays. Ce jour-là, tous les complices devront payer : Blériot Nyemeck en premier, Joël Nkouemo avec lui, et jusqu’au député Cabral Libii, qui a défendu publiquement Émile Parfait Simb. Les victimes attendent toujours leur argent, pendant que ceux qui ont profité de leur ruine possèdent des télévisions et leur font la leçon.
Paul Chouta









