Une épidémie n’attend pas qu’un formulaire traverse une frontière. À Douala, le Cameroun, le Tchad, le Nigeria et la République centrafricaine tentent d’aligner leurs alertes, leurs laboratoires et leurs décisions.
Le ministère camerounais de la Santé a ouvert le 2 novembre une réunion de trois jours consacrée aux menaces sanitaires transfrontalières dans le bassin du lac Tchad. Les données présentées, arrêtées au 30 octobre, donnent l’échelle du défi : 3 103 cas de choléra et 94 décès au Cameroun, 1 431 cas au Tchad, 784 en République centrafricaine et 73 416 au Nigeria. Ces chiffres proviennent de systèmes de surveillance différents et doivent être interprétés avec leurs périodes et définitions respectives.
La rencontre intervient aussi après le signalement au Nigeria d’un cas importé d’Ebola de souche Bundibugyo, tandis que le mpox continue d’imposer une vigilance régionale. Les délégations veulent désigner des points focaux accessibles vingt-quatre heures sur vingt-quatre et adopter une feuille de route commune. Le test sera pratique : combien de temps entre un cas suspect à la frontière, l’alerte du voisin, le prélèvement, le résultat et la réponse communautaire ?
La coopération devra sortir des capitales. Les marchés, gares routières, couloirs pastoraux et zones de déplacement sont les vrais nœuds de circulation. Des messages harmonisés, des stocks prépositionnés et des exercices conjoints peuvent éviter les fermetures improvisées qui déplacent les flux sans arrêter la maladie. La feuille de route attendue le 4 novembre devra préciser responsables, financements, échéances et indicateurs ; sans cela, la coordination restera une photo de famille.









