Jeune Afrique a recueilli, auprès de sources qu’il ne nomme pas, plusieurs détails sur les jours qui ont précédé l’arrestation d’Eko Eko dans l’affaire Martinez Zogo, en 2023. Ces récits reposent sur des témoignages anonymes et n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.
Selon le magazine, quand les premiers de ses hommes sont interpellés après la découverte du corps du journaliste en janvier 2023, Eko Eko affirme ne pas comprendre pourquoi. Il se serait tourné vers le ministre délégué à la Défense, Joseph Beti Assomo, que Jeune Afrique présente comme réputé proche de Ngoh Ngoh. « Eko Eko s’est adressé au ministre en ewondo », rapporte l’une des sources. Il aurait demandé comment ses hommes pouvaient être arrêtés sans qu’il en soit informé, et le ministre aurait répondu qu’il s’agissait d’actes ordinaires d’enquête.
Quand sa propre convocation au Secrétariat d’État à la Défense se profile, rapporte le magazine, il en avise le ministre, qui se veut rassurant. Dans son entourage, plusieurs collaborateurs lui auraient déconseillé de s’y rendre. Jeune Afrique indique qu’il a envisagé d’emporter deux de ses armes de service, avant de se raviser, ce qu’il aurait dit lui-même à un interlocuteur. Ses proches y voient une décision providentielle : « S’il avait pris cette arme, les choses auraient pu mal tourner. »
Le magazine relate ensuite que, selon certains, des agents de la DGRE auraient envisagé une expédition pour obtenir sa libération, avant que des proches les en dissuadent. Ces mêmes proches affirment que des émissaires, présentés comme agissant pour Ngoh Ngoh, auraient proposé à Eko Eko, en échange de sa libération, de faire retirer d’un rapport de la DGRE des passages susceptibles de mettre en cause le secrétaire général. Il aurait accepté sans en avertir ses avocats, d’après l’informateur de Jeune Afrique. Les avocats, contactés, n’ont pas donné suite, précise le magazine. Cette proposition reste une allégation anonyme, non confirmée.









