Actualités of Tuesday, 20 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Deux rapports confidentiels, un coup d’État évoqué, des détournements présumés : ce que Jeune Afrique a consulté

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Jeune Afrique indique avoir pu consulter plusieurs rapports d’enquête qui éclairent la rivalité entre Eko Eko et Ngoh Ngoh. Le magazine ne dit pas en avoir établi la véracité : il en rapporte le contenu.

Le rapport du 30 janvier 2023. Selon le magazine, il est daté de la veille de l’arrestation d’Eko Eko et compte onze pages. Intitulé « Rapport spécial d’enquête sur les présomptions de prise de contrôle des segments économiques et administratifs sensibles de la vie de la nation et leur impact sur la sécurité de l’État », il décrit Ngoh Ngoh comme ayant entrepris de placer ses hommes dans tous les secteurs stratégiques : renseignement, armée, frontières, économie. Jeune Afrique précise que le document évoque un présumé projet de détournement de fonds publics destiné à financer une prise de pouvoir, et n’exclut pas la thèse d’un coup d’État. Il décrirait aussi l’accaparement du Fonds spécial de développement du cacao et du café, des détournements via des task forces et de présumés financements aux Brigades anti-sardinards, notamment par l’intermédiaire de Joël Emile Bamkoui, alors patron de la Sécurité militaire.

La source du magazine affirme que ce rapport, en principe destiné au seul chef de l’État, aurait fuité et incité ceux qu’il menaçait à agir contre Eko Eko. L’entourage de Ngoh Ngoh rejette cette thèse, et Ngoh Ngoh n’a pas souhaité réagir, précise Jeune Afrique.

Le rapport du 8 décembre 2023. Jeune Afrique en a obtenu copie. Estampillé « confidentiel », sur papier à en-tête du ministère délégué à la Défense, il est signé par le secrétaire d’État à la Défense, Galax Yves Landry Etoga, et adressé à Ngoh Ngoh. Selon le magazine, il porte sur le financement par le Trésor public, via le chapitre 94 entre 2017 et 2021, de projets de promoteurs privés. Jeune Afrique cite plusieurs fonctionnaires entendus, dont Isaac Tamba, Zoutene Doufene, Roger Symphorien Bafakan Behalal, Gabriel Amougou et Jean Sylvain Mvondo.

D’après le magazine, les conclusions pointent de nombreuses défaillances, des circuits de financement difficiles à retracer, des subventions versées à des structures inexistantes et des paiements sans déduction de TVA. Les enquêteurs envisagent plusieurs qualifications : détournement de biens publics, concussion, favoritisme, complicité et recel. Ils sollicitent l’autorisation du chef de l’État pour entendre le ministre des Finances, Louis-Paul Motaze, que Jeune Afrique présente comme hostile à Ngoh Ngoh, et le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey. Selon les informations du magazine, ils n’ont pas été auditionnés, et le rapport n’a, trois ans plus tard, pas eu de suite.