Actualités of Tuesday, 6 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Révélations explosives d'un grand média français :Calixthe Beyala, une plagiaire couronnée par l'Académie française

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Condamnée pour plagiat en 1996, l'écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala n'en a pas moins poursuivi une carrière littéraire couronnée de prix et de distinctions. Cinq mois après sa condamnation pour « contrefaçon partielle », elle recevait le Grand Prix du Roman de l'Académie française. Retour sur un paradoxe français, entre indulgence littéraire et système d'emprunts assumé.

C'est une histoire qui dit tout de l'indulgence dont bénéficient certains écrivains en France. Au printemps 1996, le tribunal de grande instance de Paris condamne la romancière Calixthe Beyala et son éditeur Albin Michel pour « contrefaçon partielle ». L'écrivaine franco-camerounaise, autrice de quatre premiers livres à succès et figure des plateaux de télévision, a été prise la main dans le sac. Son roman Le Petit Prince de Belleville, paru en 1992, a copié à la virgule près une quarantaine de passages du best-seller d'Howard Buten, Quand j'avais cinq ans je m'ai tué.

La révélation du Canard enchaîné

C'est Le Canard enchaîné qui, en 1995, a révélé l'affaire, pointant aussi de flagrants emprunts au livre de Charles Williams, Fantasia chez les ploucs. Accusations que l'autrice s'est d'abord contentée de balayer avec superbe, jurant qu'elle n'avait jamais lu Buten et que la prose de Charles Williams s'était sans doute « inconsciemment » invitée sous sa plume.

Un an plus tard, la justice tranche : Calixthe Beyala a plagié. L'autrice ne fait même pas appel. Une condamnation qui aurait dû, dans un pays « normal », mettre fin à sa carrière littéraire. Mais la France, c'est connu, pardonne tout à ses écrivains, pourvu qu'ils puissent se prévaloir d'une certaine surface médiatique.


Or Calixthe Beyala ne manque ni de culot ni d'entregent. Défenseuse autoproclamée des minorités et des exilés, elle continue d'être invitée sur tous les plateaux de télévision, et surtout, de publier : un livre tous les ans ou presque. Cinq mois seulement après sa condamnation pour plagiat, elle obtient même, pour son septième ouvrage, le Grand Prix du Roman de l'Académie française.


Pour Pierre Assouline, qui a étudié son cas, Calixthe Beyala aurait érigé l'emprunt en système. Une pratique qui n'a pourtant pas empêché l'écrivaine de recevoir les honneurs de la République, notamment la Légion d'honneur. Un paradoxe qui interroge sur les critères de consécration littéraire en France, où le talent médiatique semble parfois primer sur l'originalité de l'œuvre.