Au-delà des circuits de l'or, c'est un affrontement au sommet de la présidence que décrit une enquête de Jeune Afrique : celui qui oppose le secrétaire général Ferdinand Ngoh Ngoh au directeur adjoint du cabinet civil Oswald Baboké, chacun accusant l'autre auprès de Paul Biya. Les éléments ci-dessous reposent sur des sources non nommées et n'ont donné lieu, à ce jour, à aucune décision de justice ; les personnes citées bénéficient de la présomption d'innocence.
Un dossier qui se rapproche du palais
Selon Jeune Afrique, l'enquête prescrite par Paul Biya se poursuit après l'audition d'Oswald Baboké par le Tribunal criminel spécial, puis celle du directeur général de la Sonamines par une commission mixte conjointement dirigée par le secrétaire d'État à la Défense Galax Yves Landry Etoga et la présidente du TCS, Annie Noëlle Bahounoui Batende. Une dizaine de cadres de la Sonamines, des douanes et du ministère des Mines ont également été entendus entre août et septembre, dans une procédure suivie par Ferdinand Ngoh Ngoh. Jeune Afrique note que le nom du secrétaire général s'impose lui aussi dans le dossier, avec de possibles complicités évoquées entre lui, le ministre des Mines, considéré comme son protégé, le directeur général de la Sonamines et de hauts responsables de l'armée, dont le haut commandement du BIR, cité pour un rôle présumé dans la protection des cargaisons dans les aéroports.
Des auditions envisagées puis stoppées
Une source proche de l'enquête évoque, selon Jeune Afrique, des blocages au niveau de la présidence. Elle cite Bonivan Mvondo Assam, neveu de Paul Biya, et plusieurs proches du chef de l'État qui seraient détenteurs de licences d'exploitation : leur audition aurait été envisagée avant de se heurter à un veto de la présidence. D'autres sources citées par Jeune Afrique attribuent également des licences à Franck Hertz, fils de Chantal Biya, et à Franck Biya, fils de Paul Biya. Ces attributions n'ont fait l'objet, à ce stade, d'aucune confirmation publique.
Dubaï : des agents rentrés sans rien dire
Jeune Afrique rapporte que, sur ordre de Ferdinand Ngoh Ngoh, le directeur de la DGRE Jean-Pierre Robins Ghoumo avait dépêché des agents aux Émirats arabes unis pour examiner des circuits présumés attribués à l'entourage d'Oswald Baboké. Rentrés à Yaoundé depuis plusieurs mois, ces agents n'ont rien laissé filtrer de leurs conclusions, tandis que l'enquête émiratie stagne malgré l'offre de coopération des Émirats.
Deux camps, des notes qui s'échangent et une décision attendue
Selon Jeune Afrique, les deux camps ont adressé à la présidence des notes dans lesquelles ils s'accusent mutuellement, avant d'être sommés de ne pas exposer publiquement leurs différends. Le magazine rapporte qu'une lettre d'Oswald Baboké mettant en cause Ferdinand Ngoh Ngoh serait parvenue à ce dernier revêtue d'une mention lui demandant d'y répondre « par le chef de l'État ». Une source au palais résume : « Tous attendent la décision du chef de l'État qui devra trancher définitivement. »
Un climat de soupçon installé
Jeune Afrique indique enfin qu'une autre mission de renseignement chercherait à identifier d'éventuels prête-noms d'Oswald Baboké, au Cameroun comme à l'étranger, dans les cosmétiques, l'entreposage ou l'immobilier, et que plusieurs de ses proches affirment avoir subi des contrôles fiscaux répétés et des visites d'agents du renseignement, suivies d'interrogatoires décrits comme éprouvants.









