On peut qualifier ce qui vient de se passer de rebondissement spectaculaire qui va secouer le procès de l'assassinat du journaliste Martinez Zogo. Ce mardi à Yaoundé, le colonel Dieudonné Bialo, chef du Service central des recherches judiciaires de la gendarmerie et 35ème témoin de l'accusation, a directement mis en cause Melissa, l'épouse du principal suspect Jean-Pierre Amougou Belinga.
Au tribunal, selon les révélations partagées par le journaliste Boris Bertolt, le tracking téléphonique a prouvé que Melissa Amougou Belinga cachait quelque chose depuis le début de l'affaire, avant même que son mari ne soit interpellé. La déposition de Dieudonné Bialo a fait l'effet d'une bombe dans la salle d'audience.
Le témoin a levé le voile sur un secret de l'instruction jusqu'ici bien gardé : l'implication directe de Melissa Amougou Belinga dans la dissimulation de preuves capitales. À la barre, il s'est montré d'une précision chirurgicale.
S'appuyant sur les conclusions scientifiques de la commission mixte d'enquête, le haut gradé a notifié que le tracking de l'un des téléphones portables de Melissa Amougou Belinga avait parlé. Les données technologiques établissent de manière formelle qu'elle a activement participé à faire disparaître l'un des téléphones de son époux.
Là où tout devient plus clair, c'est que ce téléphone aurait pu servir à fermer très rapidement Jean-Pierre Amougou Belinga après avoir établi sa culpabilité. Une vidéo de la torture de la victime Zogo est au cœur du mystère. Il ne s'agit donc pas d'un simple appareil disparu, c'est une pièce maîtresse du puzzle judiciaire.
Selon le colonel Bialo, c'est précisément sur ce terminal que le lieutenant-colonel Justin Danwe, chef présumé du commando ayant kidnappé le journaliste sur ordre de son supérieur direct Léopold Maxime Eko Eko, avait envoyé une vidéo montrant Martinez Zogo en train d'être torturé.
Pour les enquêteurs, faire disparaître cet appareil visait un objectif clair, celui de détruire les éléments de réponse définitifs qui auraient pu sceller le sort des commanditaires. Pour l'instant, avons-nous appris, l'audience reste suspendue aux lèvres du colonel Dieudonné Bialo, qui va continuer par répondre à des questions du ministère public.
La nouvelle révélation fragilise de façon très concrète la ligne de défense du clan Amougou Belinga. Elle pourrait bien étendre le spectre des poursuites judiciaires à l'entourage direct de l'homme d'affaires.









