Infos Business of Tuesday, 15 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Gel des prix du carburant : Le Cameroun va perdre au moins 583 milliards

Le problème vient du fonctionnement même du système camerounais Le problème vient du fonctionnement même du système camerounais

Le maintien des prix du carburant à la pompe pourrait coûter au moins 582,7 milliards FCFA à l’État camerounais entre 2026 et 2028, dont 255 milliards dès 2026, selon les simulations du ministère de l’Économie.

Maintenir les prix à la pompe inchangés pour protéger le pouvoir d’achat des Camerounais pourrait présenter une facture considérable : au moins 582,7 milliards FCFA entre 2026 et 2028, selon des simulations du ministère de l’Économie. Cela représente environ 1,6 % du PIB 2026, estimé à 36 420 milliards FCFA. Pour la seule année 2026, le surcoût atteindrait déjà 255 milliards FCFA, soit 0,7 % du PIB.

Le problème vient du fonctionnement même du système camerounais. Les prix payés par les automobilistes sont administrés. Lorsque le coût réel d’importation dépasse le niveau compatible avec ces tarifs, le Trésor absorbe l’écart pour empêcher sa répercussion intégrale sur le consommateur.

Or cet écart se creuse. D’après les données de la CSPH citées par l’Institut national de la statistique, le coût d’importation d’un litre de super est passé de 422,71 FCFA en février à 564,56 FCFA en mai 2026, soit +33,6 %. Pour le gasoil, l’envolée est encore plus spectaculaire : 489,72 à 786,93 FCFA, soit +60,7 %.

Et la consommation augmente. Le Cameroun a consommé 2,09 milliards de litres en 2023, 2,19 milliards en 2024 et 2,3 milliards en 2025. Le diesel représente 51 % des volumes, contre 38 % pour l’essence, 9 % pour le kérosène et 2 % pour le fuel lourd.

La conjoncture internationale rend les projections encore plus fragiles. Le budget 2026 avait été construit sur une hypothèse de Brent à 65,8 dollars le baril. Or le Brent a franchi les 100 dollars le 9 septembre et évoluait encore autour de 105 dollars ces derniers jours, sous l’effet des tensions au Moyen-Orient et des perturbations du transport pétrolier.

Les 583 milliards FCFA pourraient donc constituer davantage un plancher qu’un plafond si les cours et les coûts de transport restent élevés. Le FMI avait déjà prévenu que les subventions, ramenées sous 1 % du PIB en 2024 après les hausses des prix à la pompe de 2023 et 2024, redeviendraient rapidement coûteuses en cas de nouveau choc pétrolier.

Le gouvernement se retrouve ainsi devant un arbitrage particulièrement sensible : continuer à protéger les ménages contre une nouvelle hausse du carburant, au prix de centaines de milliards de FCFA de dépenses publiques, ou réduire progressivement la subvention avec le risque de répercuter le choc sur les transports, les marchandises et finalement le coût de la vie.

Boris Bertolt