Le Ben-Synes maintient son mot d’ordre de grève totale et illimitée dans les universités d’État camerounaises, malgré des tensions internes. Réuni le 13 septembre 2026, le syndicat a suspendu le Pr Ngam Confidence Chia pour dissidence et relevé le Pr Abangma James Arrey de ses fonctions à l’Université de Buea pour manquement à la discipline et à l’éthique.
La crise qui secoue les universités d’État camerounaises gagne désormais l’intérieur du Ben-Synes. Alors que le syndicat maintient son mot d’ordre de grève totale et illimitée, son instance dirigeante vient de sanctionner plusieurs de ses responsables, accusés de dissidence et de manquements à la discipline.
Réuni en session extraordinaire par visioconférence le 13 septembre 2026, l’organe syndical a décidé de suspendre avec effet immédiat le Pr Ngam Confidence Chia, jusque-là secrétaire général adjoint. Il lui est reproché des actes de dissidence. Cette suspension intervient dans l’attente de l’issue d’une procédure pouvant conduire à son exclusion du syndicat.
La réorganisation touche également l’Université de Buea. Le Pr Abangma James Arrey a été démis de ses fonctions de coordonnateur du Ben-Synes au sein de cette université. Le syndicat invoque un « manquement grave à la discipline et à l’éthique ». Il est remplacé à titre intérimaire par le Pr Dikande Alain Moïse.
Le Pr Lang Michael, coordonnateur à l’Université de Bamenda, échappe en revanche aux sanctions. Après avoir fourni des explications devant ses pairs, il a bénéficié de leur clémence et conserve ses fonctions.
Ces tensions internes ne changent toutefois rien au bras de fer engagé avec le gouvernement. Le Ben-Synes confirme le maintien de la grève totale et illimitée lancée le 3 septembre 2026 dans les universités d’État. Le mouvement reste donc en vigueur, malgré les divergences apparues au sein de l’organisation.
Le syndicat laisse néanmoins la porte ouverte aux négociations. Il réaffirme sa disponibilité pour un « dialogue social sincère et constructif » avec les pouvoirs publics, avec pour objectif déclaré la défense des droits, de la dignité et des intérêts des enseignants.
Cette double séquence — sanctions internes et maintien de la grève — montre surtout la détermination de la direction du Ben-Synes à préserver son unité au moment où le mouvement social entre dans une phase décisive. Reste désormais à savoir si le gouvernement répondra à l’appel au dialogue ou si le bras de fer se prolongera dans les universités publiques.
Boris Bertolt









