Ajouter une colonne « genre » dans un formulaire ne transforme pas un budget. La réforme doit montrer quels besoins ont été identifiés, quelles lignes ont changé et quels résultats sont obtenus.
La budgétisation sensible au genre progresse au Cameroun à travers dix administrations centrales pilotes. L’approche vise à examiner si les recettes et dépenses publiques répondent différemment aux besoins des femmes, des hommes, des filles et des garçons.
Le principe ne consiste pas à créer un budget séparé pour les femmes. Il demande d’analyser les bénéficiaires réels d’une politique. Une route, un centre de formation ou un programme agricole peut sembler neutre tout en profitant moins aux personnes qui disposent de peu de temps, de terre, de mobilité ou d’accès au crédit.
Le passage de la méthode à l’impact reste le point faible. Les administrations doivent disposer de données ventilées, former les équipes et relier les indicateurs aux arbitrages financiers. Sans cela, l’exercice risque de produire des rapports conformes mais peu de changements dans les services.
La prochaine étape devrait publier quelques cas concrets : une dépense modifiée, le public mieux atteint et le résultat mesuré. Les femmes et les jeunes ne gagneront rien à une réforme seulement déclarative. La preuve se trouve dans la manière dont le budget corrige un obstacle identifiable.









