Confronté au colonel Jean-Pierre Otoulou, chef de l'enquête préliminaire, l'ancien directeur général de la DGRE a dénoncé des irrégularités, un changement de version suspect de son subordonné Justin Danwé, et une « balade intime » aux lourdes conséquences.
𝐋𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐯𝐞́𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐟𝐫𝐚𝐜𝐚𝐬𝐬𝐚𝐧𝐭𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐱𝐢𝐦𝐞 𝐄𝐤𝐨 𝐄𝐤𝐨 (𝐬𝐮𝐢𝐭𝐞 𝐞𝐭 𝐟𝐢𝐧)
Voici la suite des extraits des grandes révélations faites lors de la confrontation entre Maxime Eko Eko et Jean Pierre Otoulou à la barre du Tribunal militaire de Yaoundé, le 1er septembre dernier.
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐞𝐥 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐎𝐭𝐨𝐮𝐥𝐨𝐮 𝐦𝐞𝐧𝐚𝐜𝐞 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐃𝐚𝐧𝐰𝐞́
Pendant ses échanges avec le colonel Jean Pierre Otoulou, Maxime Eko Eko a fait savoir que quand s’est achevée la confrontation avec Justin Danwé vers minuit passée, le jour se son interpellation, le colonel Mesmin Eloundou (devenu Général) et le lieutenant-colonel Bialo sont allés voir le SED, Galax Etoga, pour lui faire lire le PV de son audition, ainsi que celui de la confrontation.
Pendant qu’ils étaient au cabinet au SED, il est resté avec le lieutenant-colonel Justin Danwé, sous la surveillance du colonel Jean Pierre Otoulou. En attendant le retour de ceux qui étaient rendre compte au SED, l’ancien DG de la DGRE a demandé à son ancien Directeur des opérations de la DGRE, que comme la pression des auditions est retombée, qu’il lui dise ce qui s’est exactement passé, et pourquoi il l’avait fait.
Au moment où Justin Danwé voulait répondre, le colonel Jean Pierre Otoulou a bondi et a commencé à le gronder et à menacer. Ce qui a eu pour effet de stopper net les révélations que Justin Danwa s’apprêtait à faire à son patron.
𝐔𝐧𝐞 « 𝐛𝐚𝐥𝐚𝐝𝐞 𝐢𝐧𝐭𝐢𝐦𝐞 » 𝐝𝐮 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐞𝐥 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐎𝐭𝐨𝐮𝐥𝐨𝐮 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐉𝐮𝐬𝐭𝐢𝐧 𝐃𝐚𝐧𝐰𝐞́ 𝐚𝐮𝐱 𝐥𝐨𝐮𝐫𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐧𝐬𝐞́𝐪𝐮𝐞𝐧𝐜𝐞𝐬
Au lendemain de cette confrontation du 31 janvier 2023 entre Justin Danwé et Maxime Eko Eko, il ressort des échanges entre l’ancien Colégion du Centre et l’ancien DG de la DGRE, que Justin Danwé se sont rendus seuls à Biyem-Assi, soi-disant pour récupérer le Prado noir de Justin Danwé qui aurait servi à l’opération d’enlèvement de Martinez Zogo.
Cette révélation est plus que préoccupante dans la mesure que non seulement le colonel Jean Pierre Otoulou déclare ne plus se rappeler du moyen de transport qu’ils ont utilisé pour se rendre à ce garage à Biyem-Assi, mais la question le plus lancinante est celle de savoir : comment est-ce qu’un officier de police judiciaire peut-il aller se balader tout seul avec un suspect dans une affaire d’une telle ampleur.
Bien plus, non seulement le colonel Jean Pierre Otoulou n’a jamais cherché à identifier le propriétaire dudit garage (alors que cela devrait être le réflexe de toute personne normale, qui plus est un enquêteur), mais en plus il n’a jamais dressé un PV de saisi, et encore moins procédé à la perquisition du fameux Prado noir, qui va s’avérer ne pas être le véhicule ayant servi à l’opération. Le véritable véhicule étant un Prado gris appartenant à l’opérateur économique Engwelégwélé (l’un des accusés), et qui se trouve actuellement sous saisi dans la cour arrière du tribunal militaire de Yaoundé.
Plus grave encore, au lendemain de cette « balade intime », dont personne ne peut établir le trajet réel, Justin Danwé, qui avait déclaré lors de son audition avoir agi à l’insu de son patron dans l’optique de regagner sa confiance et qui pour cale avait présenté ses excuses à sa hiérarchie pour avoir causer la mort d’un chef de famille, va totalement changer de version, en déclarant désormais que c’est Maxime Eko Eko qui lui avait demandé de le faire et lui avait fourni les « moyens de fonctionnement ».
Que s’est-il réellement passé lors de cette balade pour engendrer un tel changement de version ?
Pour le colonel Jean Pierre Otoulou, les changements (il y en aura plusieurs) de versions de Justin Danwé sont dus aux « effets de l’enquête », et à la prise de conscience progressive par Justin Danwé de la gravité de la situation.
𝐔𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐜𝐞𝐬𝐬𝐮𝐬 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐫𝐫𝐞𝐬𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐥𝐚𝐫𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐢𝐟𝐟𝐞́𝐫𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐜𝐞𝐥𝐮𝐢 𝐝𝐞́𝐜𝐫𝐢𝐭 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐞𝐥 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐎𝐭𝐨𝐮𝐥𝐨𝐮
Lors de ses premières auditions, le colonel Jean Pierre Otoulou a fait savoir que c’est après avoir auditionné Justin Danwé que celui-ci lui a donné les noms des autres membres du commando.
Or, il ressort de ses échanges avec le DG Maxime Eko que le vendredi 27 janvier, c’est le SED Galax Etoga qui l’appelle alors qu’il arrivait à peine dans les locaux de la DGRE et s’apprêtait à ouvrir son bureau pour lui demander de mettre l’ancien Directeur des opérations à la disposition de ses services. C’est où il lui demande de mettre également à sa disposition un certain « Boba » qui va s’avérer plus tard être Godje, celui dans le téléphone duquel on retrouvera plus tard les vidéos de la tor.ture de Martinez Zogo.
Quand Eko Eko demande à Galax Etoga de quoi il s’agit, ce dernier se contente de lui dire qu’il s’agit d’une enquête pour laquelle la présidence exige le silence absolu.
En somme, contrairement à ce que le colonel Jean Pierre Otoulou a toujours dit, le SED Galax Etoga avait déjà l’identité complète des agents du commando avant l’interpellation de Justin Danwé. Ceci est d’autant plus vrai que le colonel Jean Pierre Otoulou lui-même a fait savoir qu’avant que Justin Danwé ne soit interpellé, l’un de ses collaborateurs lui avait fait savoir qu’ils venaient de louper Godje.
L’on se demande alors : qui a donné l’identité des membres du commando a SED Galax Etoga et aux collaborateurs du colonel Jean Pierre Otoulou, avant l’arrestation de Justin Danwé ?
Mieux, pourquoi le colonel Jean Pierre Otoulou a-t-il donné une version totalement différente du processus d’arrestation de Justin Danwé, ainsi que des autres membres du Commando ?
𝐏𝐢𝐞́𝐠𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐁𝐞𝐭𝐢 𝐀𝐬𝐬𝐨𝐦𝐨 ?
L’on s’est toujours demandé comment est-ce que tout un Directeur Général de la DGRE, avec une très longue expérience comme Maxime Eko Eko a pu se faire interpeller aussi facilement tel un bleu.
La dernière audience, et surtout les échanges entre l’ancien DG de la DGRE et le colonel Jean Pierre Otoulou ont permis de lever un grand pan de voile sur les conditions exactes de son arrestation.
Il en ressort globalement que Mardi 31 en matinée, Eko Eko est appelé le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, qui est non seulement une élite de son département d’origine, le Nyong et Mfoumou, mais également un ainé du Lycée d’Akonolinga, qu’il connait et fréquente depuis des décennies. Durant leurs échanges téléphoniques, Joseph Beti Assomo demande à le voir.
C’est en toute confiance que Maxime Eko Eko se rend dans le bureau du Mindef. Arrivé là-bas, Joseph Beti Assomo, après l’avoir reçu avec les éloges en leur langue vernaculaire commune, lui fait savoir que : « le président de la République m’a demandé de te prier d’aller voir Galax, à propos de tex ‘’enfants’’ qui sont détenus dans ses services ».
C’est au sortir du cabinet du Mindef que Eko Eko se rend directement au SED, où il est accueilli très cordialement par le SED qui le conduit dans la salle de réunion des officiers.
Y étant, grande est sa surprise de voir entrer les colonels colonel Jean Pierre Otoulou et Mesmin Eloundou, ainsi que le lieutenant-colonel Bialo, qui commencent à l’auditionner, après l’avoir prié de leur remettre tous ses téléphones.
C’est après cette audition qui s’est déroulée entre 14h05 et 18h15, et une première confrontation avec Justin Danwé qui a eu lieu entre 19h40 et 00h05, que le DG Eko Eko a été mis en garde à vue, pour être plus tard écroué à la prison principale de Yaoundé.4
𝐈𝐧𝐭𝐞𝐫𝐯𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞 𝐩𝐞𝐫𝐬𝐨𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐞𝐱𝐭𝐞́𝐫𝐢𝐞𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐢𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐦𝐢𝐱𝐭𝐞 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐧𝐭 𝐥’𝐞𝐧𝐪𝐮𝐞̂𝐭𝐞 𝐩𝐫𝐞́𝐥𝐢𝐦𝐢𝐧𝐚𝐢𝐫𝐞
Il ressort aussi des échanges entre le colonel Jean Pierre Otoulou et Maxime Eko Eko que des personnes étrangères à la commission d’enquête mixte, tels que les lieutenant-colonel Ayissi et Bialo, ont participé aux travaux de celle-ci, notamment les auditions et les confrontations, allant jusqu’à poser des questions aux témoins et suspects. Bine plus pendant la confrontation entre Justin Danwé, Elong Jameset Eko Eko qui a eu lieu le 17 février 2023, c’est le lieutenant-colonel Bialo qui manipulait les téléphones de Justin Danwén dont l’un va disparaitre de la circulation, avant l’ouverture de l’information judiciaire.
Bien plus, Eko Eko fait savoir que le commandant Bissé, proche collaborateur du SED, assistait aux réunions préparatoires matinales de la commission d’enquête mixte, alors qu’il n’en était pas membre.
Et à Eko Eko de demander au colonel Jean Pierre Otoulou : quels étaient les rôles exacts de ces officiers ?
Question restée sans réponse !
𝐋𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐞𝐥 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐎𝐭𝐨𝐮𝐥𝐨𝐮 𝐚𝐯𝐚𝐢𝐭 𝐥𝐮𝐢-𝐦𝐞̂𝐦𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐮 𝐥’𝐢𝐧𝐧𝐨𝐜𝐞𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞 𝐄𝐤𝐨 𝐄𝐤𝐨
Du jeu des questions-réponses entre Maxime Eko Eko et le colonel Jean Pierre Otoulou, il a été établi que dans l’avant-dernier rapport de la commission d’enquête mixte signé le 28 février 2023 par l’ancien Colégion du Centre et le commissaire divisionnaire Ngah, le colonel Jean Pierre Otoulou reconnait lui-même dans son rapport qu’il ressort des auditions et confrontations que le Sieur Maxime Eko Eko n’est pas mêlé à l’assassinat de Martinez Zogo.
Cependant, dans son rapport final du 03 mars 2023, il demande que Maxime Eko Eko soit poursuivi pour « dissimulation des preuves » et « non dénonciation ».
Pour justifier son changement de conclusion, le colonel Jean Pierre Otoulou évoque la survenance des « faits nouveaux ». Et comme « faits nouveaux » il évoque le rapport de l’expert Bel Bitdjocka qui a fait savoir que Eko Eko n’avait remis que trois de ses 10 téléphones, et que par ailleurs, lors de la descente de certains membre de la commission d’enquête mixte, il avait été établi qu’il y avait des cameras dans la salle de situation dans laquelle s’est tenue la réunion préparatoire de l’enlèv.ement de Martinez Zogo, ainsi que dans le bureau de Justin Danwé ; et que toutes ces cameras étaient monitorées dans le cabinet du DG. Par conséquent, le DG Eko Eko ne saurait dire qu’il n’était pas a courant des manigances de Justin Danwé, qui a déclaré lui-même que l’ancien DG de la DGRE était « omniscient, omnipotent, ayant le don d’ubiquité, étant renseigné même par les murs ! ».
Or, d’un, il se trouve que ces faits dits nouveaux, notamment la descente de l’équipe de la commission mixte s’est effectuée en début février 2023, c’est-à-dire très longtemps avant la signature du rapport du 28 février 2023, d’avec lequel le colonel Jean Pierre Otoulou, après avoir longtemps tergiversé a déclaré en être « parfaitement d’accord ! ».
De deux, lors de ladite descente, il a été établi que contrairement à ce qu’affirmait le colonel Jean Pierre Otoulou, les cameras n’étaient pas monitorées dans le cabinet de Maxime Eko Eko, mais plutôt dans les bureaux de la DAG ; comme l’ont témoigné tous les agents de la DGRE qui sont passés à la barre. Face à cette révélation, le colonel Jean Pierre Otoulou a fait savoir à Eko Eko que ce n’est pas de sa faute si ses collaborateurs ne lui rendent pas compte !
De trois, lors de la descente du juge d’instruction Ndzié Pierrot dans les locaux de la DGRE, en compagnie de deux substituts du commissaire du gouvernement et des avocats de Justin Danwé et Eko Eko, ils ont retrouvé les trois autres téléphones de Eko Eko, parmi lesquels un qui état encore tout neuf dans un carton, que le juge d’instruction a remis à l’un des avocats de Eko, et a gardé les deux autres qui étaient déjà utilisés. Nul ne sait à ce jour c que sont devenus ces deux autres téléphones de service de Eko Eko.
Par conséquent, les charges de « non dénonciation » et de « dissimulation des preuves » suggérées par le colonel Jean Pierre Otoulou contre Maxime Eko Eko avaient été abandonnées par le juge d’instruction.
La question qui a alors été posée est celle de savoir : eu égard a rapport du 28 février 2023 qui innocente totalement Eko Eko, et à l’abandon des accusations de « dissimilation des preuves » et « non dénonciation » suggérées dans le tout dernier rapport de la commission d’enquête mixte, sur quelle base le juge d’instruction a-t-il accusé l’ancien DG de la DGRE de « complicité d’enlè.vement et de tort.ure ? ».
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐥𝐨𝐧𝐞𝐥 𝐉𝐞𝐚𝐧 𝐏𝐢𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐎𝐭𝐨𝐮𝐥𝐨𝐮 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐬𝐪𝐮𝐞𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐚𝐝𝐚𝐯𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐟𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐌𝐚𝐱𝐢𝐦𝐞 𝐄𝐤𝐨 𝐄𝐤𝐨
Les échanges entre Maxime Eko Eko et le colonel Jean Pierre Otoulouse sont achevés sur une note personnelle véritablement triste.
En effet, Eko Eko a fait savoir qu’en début 2026 il a perdu l’une de ses filles à Douala, dans des conditions très troubles. Après mûres réflexion, sa famille et lui ont décidé de ne pas engager des poursuites judiciaires. C’est ainsi qu’il a demandé à certains de ses enfants d’aller chercher le corps de leur Douala pour le ramener sur Yaoundé.
Mais une fois sur Douala, ces enfants ont été interpellés et gardés à vue sur ordre du colonel Jean Pierre Otoulou, qui par ailleurs fait sceller le corps.
Il aura fallu l’intervention du procurer de la République pour que mainlevée soit fait sur la cada.vre saisi, et que les enfants Eko Eko soient libérés.
Mais à leur grande surprise, après leur libération, les enfants Eko Eko seront surpris de voir le colonel Jean Pierre Otoulou venir vers eux pour leur proposer une importante somme d’argent en guise d’« aide » venant d’une très haute personnalité de la république. « Aide » qu’ils ont décliné !
Après avoir narré cet évènement, Eko Eko a demandé au colonel Jean Pierre Otoulou : « si ce n’est pas de l’archarnement personnel de votre part, si ce n’est pas la volonté de me nuire et de me détruire, c’est quoi ça mon colonel ? ».
P.S: ce compte rendu des "révélations fracassantes" Maxime Eko Eko est très loin d'être exhaustif !
Moussa Njoya









