Dans une famille, la hausse atteint 30 000 FCFA. Dans une autre, un deuil retarde tous les achats. Derrière les listes de fournitures, la rentrée impose des arbitrages intimes.
Chez la famille Ottou, les enfants essaient leurs tenues devant le miroir. Les sacs sont prêts et les fournitures rangées. Pourtant, la mère chiffre une hausse de 30 000 FCFA des frais de scolarité. Elle signale aussi des livres encore introuvables et des articles imposés par l’établissement en dehors de la liste officielle.
Ailleurs, la préparation est bloquée par un événement familial. Alvine Njikam explique que son fils, élève en CM1, risque de reprendre en retard après le décès de son père en juillet. Les frais, les fournitures et l’organisation reposent désormais sur une solidarité familiale incertaine.
Ces 2 situations montrent que la rentrée n’est pas une dépense unique. Elle additionne pension, manuels, uniformes, chaussures, transport et parfois contribution aux travaux. Les changements annuels de tenues de sport ou les ouvrages supplémentaires fragilisent les ménages qui avaient préparé leur budget à partir des listes officielles.
La transparence constitue une première réponse. Chaque établissement devrait publier avant les vacances la liste complète des frais et expliquer tout changement. Les parents pourraient alors comparer, anticiper et contester une exigence non prévue.
L’autre réponse concerne les mécanismes de soutien après un choc, décès, perte d’emploi ou maladie. Une école capable d’accorder un échéancier évite qu’un enfant paie immédiatement le prix d’une crise familiale. La rentrée réussie ne se résume pas à des murs repeints. Elle commence lorsque les élèves peuvent effectivement franchir le portail.









