Actualités of Monday, 31 August 2026

Source: L’Indépendant n°1059

Cameroun : le nombre inquiétant de femmes déjà tuées en 2026

La photo d’une femme bien en forme La photo d’une femme bien en forme

Au Cameroun, au moins 8 meurtres de femmes ont été enregistrés durant la semaine du 17 au 23 août 2026. Plusieurs cas d’agression, de meurtres ou de viols sont signalés à travers le pays. Une femme de 44 ans, Crescence Beguel, a été retrouvée morte mardi dernier dans une chambre à l’hôtel Salvador à Yaoundé. Présentant une profonde blessure à la gorge, la victime a très probablement été égorgée, selon les premiers résultats d’une enquête conduite par les autorités compétentes, afin d’établir les circonstances et le mobile du drame.

Selon les premiers éléments recueillis sur place, elle aurait rejoint un jeune homme de 22 ans dans l’établissement peu avant que des appels au secours ne soient entendus. Le suspect aurait tenté de prendre la fuite avant d’être maîtrisé par un comité de vigilance, puis remis aux gendarmes. Il a reconnu les faits. Plusieurs objets ont également été saisis pour les besoins de l’enquête. Remis aux forces de l’ordre arrivées sur les lieux, le suspect fait désormais l’objet d’une garde à vue, le temps que l’enquête avance.

Au-delà de ce crime crapuleux, une autre femme, âgée de 34 ans cette fois, Maffo, a été retrouvée poignardée à mort par son mari au quartier Logpom, dans le 5e arrondissement de Douala. Le suspect, un boucher de 42 ans nommé Hervé Tezembong, l’a séquestré dans la maison avant de commettre son forfait. Selon les premiers éléments et témoignages, l'agresseur soupçonnait sa compagne de trahison conjugale. Le mari a été interpellé par les forces de l'ordre et placé en garde à vue.

Prise en charge

Une information a été ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame, qui relance l'émoi autour des violences faites aux femmes dans le pays. Au ministère de la Promotion de la femme et de la famille (Minproff), des réunions s'enchaînent. Les dénonciations s'y empilent. Plus de 60 cas de féminicide ont été recensés au Cameroun, depuis le début de l'année. Raison pour laquelle Marie Thérèse Abena Ondoa, la ministre, exprime l'espoir d'un examen d'une proposition de loi lors de la session parlementaire prévue en novembre.

La plupart des cas de violences ont lieu tantôt en milieu familial par des personnes proches des victimes, tantôt au sein des institutions sociales ayant vocation à encadrer ou à protéger les femmes. La nature des actes perpétrés, que les circonstances de leur survenance, revêtent un réel caractère de gravité et appellent par conséquent une action collective, urgente et forte. A cet égard, le gouvernement, en ce qui le concerne, assure à travers le ministère de la Promotion de la Femme et de la famille et celui des Affaires sociales, la prise en charge des violences basées sur le genre, qui s’inscrit dans un processus visant à protéger et à apporter un accompagnement spécifique aux victimes, et le cas échéant, à leurs ayants-droits, tout en mettant en mouvement les mécanismes de prévention et de sanction des auteurs desdites violences.

Abris

Selon René Emmanuel Sadi, le Mincom, s’exprimant au cours d’un point de presse à Yaoundé, «cette prise en charge obéit à un système de référencement mis en place dans les plateformes régionales de lutte contre les violences basées sur le genre, impliquant tous les acteurs gouvernementaux intervenant en matière sociale, sanitaire, judiciaire et sécuritaire, ainsi que les collectivités territoriales décentralisées, les partenaires techniques et financiers, les organisations de la société civile et les communautés ».

Cette approche de soutien aux victimes comporte une dimension psychologique et sociale, à travers une écoute active, un accompagnement psychosocial, un suivi approprié et leur placement dans des espaces dédiés encore appelés « espaces sûrs », qui offrent un abri temporaire aux victimes.

À ce jour, il existe environ une centaine d’abris temporaires de ce genre, à travers l’ensemble du territoire national. A cela, il faut ajouter les mesures de suivi médical, qui consistent à prodiguer des soins d’urgence aux victimes survivantes.