La retraite internationale d’André-Frank Zambo Anguissa peut être attribuée à l’environnement conflictuel ayant marqué la gestion des Lions Indomptables sous Narcisse Mouelle Kombi, notamment la guerre de pouvoir entre le ministère des Sports et la FECAFOOT. Les tensions, les dysfonctionnements organisationnels et les pressions exercées sur les joueurs ont progressivement dégradé l’atmosphère au sein de la sélection.
André-Frank Zambo Anguissa vient d’annoncer, dans une lettre, qu’il met un terme à sa carrière internationale. Le milieu de terrain de Naples ne portera donc plus le maillot des Lions Indomptables.
Dans son communiqué, le joueur n’explique pas clairement les raisons de cette décision. Mais il est difficile de dissocier ce départ du climat particulièrement éprouvant qui a entouré la sélection camerounaise ces dernières années.
Pendant près de deux ans, les Lions Indomptables ont été pris en otage par une guerre de pouvoir opposant le ministère des Sports à la FECAFOOT. Dans ce conflit, certains joueurs ont été poussés à prendre position, tandis que ceux qui voulaient simplement se consacrer au terrain ont été exposés aux pressions, aux soupçons et aux attaques sauvages.
Zambo Anguissa, qui a refusé de se mêler ouvertement au combat mené contre le président de la FECAFOOT, s’est retrouvé au cœur d’un environnement devenu pesant. Entre les tensions autour de Mouelle Kombi, la gestion controversée de Marc Brys, l’influence attribuée à André Onana et les campagnes menées par certains médias et blogueurs, le vestiaire des Lions a progressivement perdu sa sérénité.
Le problème ne se limitait d’ailleurs pas aux querelles de personnes. La sélection a également souffert de graves dysfonctionnements dans son organisation : voyages mal préparés, problèmes de logement, programmation défaillante et improvisations administratives. Le déplacement catastrophique en Afrique du Sud demeure l’une des illustrations les plus marquantes de cette période de désordre, dont les conséquences sportives ont été lourdes pour le Cameroun.
Même si la situation s’est considérablement améliorée depuis la reprise en main de la sélection par la Fecafoot et le retour d’une meilleure organisation autour des Lions, certaines blessures semblent trop profondes. Le découragement a fini par gagner l’ancien joueur de l’Olympique de Marseille, qui ne se reconnaîtrait plus dans cet environnement.
La retraite internationale de Zambo Anguissa est l’un des exemples les plus frappants des dégâts causés à notre équipe nationale par cette longue crise. Mouelle Kombi, Marc Brys, André Onana et tous ceux qui ont alimenté cette guerre de clans portent une lourde responsabilité politique et morale dans la dégradation de l’atmosphère autour des Lions.
Le Cameroun perd un joueur majeur, non pas nécessairement parce qu’il n’avait plus rien à offrir sur le terrain, mais parce qu’un environnement empoisonné a fini par épuiser sa volonté de continuer.
À force de transformer la sélection nationale en champ de bataille, on finit malheureusement par décourager ceux qui veulent simplement défendre le drapeau. Le départ de Zambo Anguissa doit servir de leçon : lorsque les intérêts personnels et les guerres d’influence prennent le dessus, c’est toujours le football camerounais qui paie le prix.
Le départ de Zambo Anguissa doit servir d’électrochoc. La FECAFOOT, qui a désormais repris la gestion effective des équipes nationales, ne doit plus jamais permettre que la tanière soit transformée en terrain d’affrontements politiques, administratifs ou personnels.
Aucune personnalité, quelle que soit sa fonction, son influence ou l’autorité dont elle prétend recevoir les instructions — y compris lorsqu’elle affirme agir au nom du Secrétariat général de la présidence de la République — ne devrait pouvoir venir semer le désordre au sein de l’équipe nationale.
Les Lions Indomptables appartiennent au Cameroun. Ils ne doivent plus être pris en otage par des guerres de clans, des ambitions individuelles ou des règlements de comptes entre responsables. Pendant trop longtemps, des personnes étrangères aux réalités du vestiaire ont imposé leurs choix, créé des camps et fragilisé l’autorité sportive. Les conséquences sont aujourd’hui visibles.
La FECAFOOT doit donc établir des règles claires et infranchissables. La gestion technique, sportive et administrative des sélections doit relever des institutions compétentes, dans le respect des lois et des textes en vigueur. Toute ingérence susceptible de perturber la préparation des joueurs ou de diviser le groupe doit être immédiatement repoussée, quelle que soit sa provenance.
Protéger la sélection nationale, c’est aussi protéger les joueurs contre les pressions, les humiliations, les campagnes médiatiques organisées et les tentatives visant à les entraîner dans des conflits qui ne les concernent pas. Un international camerounais doit être jugé sur son comportement et ses performances, pas sur son appartenance supposée à un camp.
La FECAFOOT doit enfin restaurer une discipline institutionnelle durable : une seule chaîne de commandement, des responsabilités clairement définies, des déplacements correctement organisés et un environnement dans lequel les joueurs peuvent défendre le drapeau sans subir les conséquences des batailles menées par les dirigeants.
Après tout ce que les Lions ont traversé, plus personne ne doit avoir la possibilité de venir « foutre le bordel » dans la tanière en brandissant le nom d’une haute autorité pour justifier ses agissements. Le cas Zambo Anguissa doit être le dernier avertissement. Si aucune leçon n’est tirée de son départ, d’autres cadres pourraient, demain, choisir à leur tour de tourner le dos à la sélection.
KAMERFOOT









