Actualités of Wednesday, 26 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Fin du régime RDPC : Voici comment Paul Biya risque de finir

La confiscation prolongée du pouvoir ne garantit pas la stabilité La confiscation prolongée du pouvoir ne garantit pas la stabilité

Les conséquences auxquelles s’exposent les dirigeants qui s’accrochent durablement au pouvoir contre la volonté populaire sont généralement catastrophiques. Quatre issues possibles : le renversement populaire ou militaire, la destitution suivie de poursuites judiciaires, la mort violente et, lorsque le régime se maintient, l’isolement international et la dégradation économique. La confiscation prolongée du pouvoir ne garantit pas la stabilité, mais risque au contraire de repousser une crise qui peut finalement devenir plus brutale et imprévisible.

Les présidents qui s’accrochent durablement au pouvoir contre la volonté de leur peuple connaissent généralement une fin de règne brutale, instable ou tragique. L’histoire montre que la confiscation de la démocratie conduit souvent à l’une des issues suivantes :

1. Le renversement populaire ou militaire

Lorsque la frustration s’accumule, elle peut provoquer des soulèvements populaires ou favoriser l’intervention de l’armée.
- La fuite à l’étranger : chassés par la rue, certains dirigeants s’exilent précipitamment, comme Zine el-Abidine Ben Ali en Tunisie en 2011 ou Blaise Compaoré au Burkina Faso en 2014.
- Le coup d’État : profitant du chaos politique, l’armée destitue le chef de l’État, à l’image de Robert Mugabe au Zimbabwe en 2017 ou d’Ibrahim Boubacar Keïta au Mali en 2020.

2. La destitution et les poursuites judiciaires

L’effondrement d’un régime autoritaire ouvre parfois la voie à des procédures judiciaires nationales ou internationales.
- L’emprisonnement : certains anciens dirigeants sont poursuivis pour corruption, abus de pouvoir ou crimes commis pendant leur règne, comme Hosni Moubarak en Égypte.
- Les tribunaux internationaux : d’autres sont traduits devant la justice internationale pour des crimes contre l’humanité. Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, a ainsi été jugé par la Cour pénale internationale avant d’être acquitté. Slobodan Milošević, ancien dirigeant serbe, a également comparu devant cette juridiction.

3. La mort violente

Le refus de céder pacifiquement le pouvoir peut radicaliser l’opposition et conduire à une issue tragique.

Certains dirigeants sont capturés puis exécutés par des rebelles ou des insurgés, comme Mouammar Kadhafi en Libye en 2011. D’autres, tels que Nicolae Ceaușescu en Roumanie en 1989, sont renversés puis exécutés à l’issue d’une procédure expéditive.

4. L’isolement et la dégradation économique

Même lorsqu’ils parviennent à se maintenir au pouvoir, les dirigeants contestés en paient souvent le prix politique, économique et humain.
- Le statut de paria international : leur pays peut faire l’objet de sanctions diplomatiques et économiques massives.
- L’effondrement économique : la mauvaise gestion, la corruption et la concentration du pouvoir peuvent provoquer une profonde dégradation des conditions de vie, comme au Venezuela sous Nicolás Maduro.
- La paranoïa sécuritaire : coupé de la population, le dirigeant devient dépendant d’une garde prétorienne et de services de renseignement toujours plus puissants.

Ainsi, l’histoire montre que la confiscation durable du pouvoir ne garantit jamais la stabilité. Elle ne fait souvent que retarder une crise qui, lorsqu’elle éclate, peut prendre des formes particulièrement violentes et imprévisibles.

Daniel Essissima