Le dossier Martinez Zogo prend une autre tournure, avec un verdict qui se rapproche davantage. Le camp d'Amougou Belinga, homme d'affaires arrêté quelques jours après la découverte du corps sans vie du journaliste au quartier Ebogo, a-t-il raison d'espérer ?
Il serait imprudent de parler au nom de ce camp, introduit Vincent Sosthène Fouda, qui ajoute qu'il est néanmoins parfaitement légitime d'observer qu'une partie de la défense de ce milliardaire peut attendre du retour de Modeste Mopa Fatoing, ancien patron des impôts, des éléments permettant de mieux comprendre les relations entre les différents protagonistes.
C'est précisément ici que la justice doit reprendre toute sa hauteur, souligne le politologue. « Si Mopa sait quelque chose qui disculpe quelqu'un, qu'il le dise. S'il sait quelque chose qui incrimine quelqu'un, qu'il le dise. S'il ne sait rien, qu'il le dise. S'il s'est trompé, qu'il l'explique. S'il a été trompé, qu'il le raconte », demande Fouda.
Il est clair pour lui que la justice n'a pas besoin de héros. Elle a besoin de témoins. Elle n'a pas besoin de récits convenus. Elle a besoin de contradictions confrontées aux faits.
C'est là qu'il cite Voltaire en disant qu'il nous a appris à nous méfier du fanatisme et des certitudes qui dispensent de démontrer. Le juriste italien, Giovanni Carmignani, figure majeure de la pensée pénale moderne, rappelait déjà aussi que la justice ne peut être légitime que si elle repose sur une démonstration rationnelle des faits et non sur l'émotion publique ou la réputation des personnes.
C'est peut-être cela que « nous devons retenir aujourd'hui. Une justice forte n'est pas celle qui condamne beaucoup. C'est celle qui démontre beaucoup. Une justice forte ne cherche pas à fabriquer des coupables pour refermer un dossier ».
Au contraire, elle cherche à comprendre. Elle reconstitue. Elle confronte. Elle vérifie. Elle doute. Et lorsqu'elle ne sait pas, elle a l'honneur de dire : nous ne savons pas encore. Dans l'affaire Martinez Zogo, cette méthode est plus nécessaire que jamais.









