Actualités of Monday, 20 July 2026

Source: www.camerounweb.com

Franck Hertz, Franck Biya : les deux fils qui se disputent l'héritage du Cameroun post-Biya

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Vice-présidence non attribuée, SNH convoitée, clans en guerre ouverte : Jeune Afrique révèle que l'après-Biya se joue désormais autour de deux hommes que tout oppose — Franck Hertz, fils de Chantal Biya, et Franck Emmanuel Biya, fils du chef de l'État issu de son premier mariage. Le Cameroun entre dans l'ère des successions parallèles.


Dans l'histoire politique africaine, les fins de règne produisent rarement des transitions ordonnées. Elles engendrent le plus souvent des guerres de clans, des manœuvres de positionnement et des batailles d'héritiers que les régimes concernés se refusent à reconnaître publiquement. Le Cameroun de Paul Biya n'échappe pas à cette règle. Et Jeune Afrique, dans une révélation exclusive qui éclaire comme jamais les coulisses du palais d'Étoudi, identifie les deux figures autour desquelles se cristallise désormais la compétition pour l'héritage du pouvoir camerounais.



D'un côté, Franck Hertz — fils de Chantal Biya, première dame du Cameroun, issu d'une union antérieure à son mariage avec Paul Biya. De l'autre, Franck Emmanuel Biya — fils du chef de l'État, né de son premier mariage. Deux hommes que rien ne rapproche sinon le prénom et la proximité avec le sommet du pouvoir camerounais. Et autour de chacun d'eux, des réseaux, des ambitions et des stratégies qui se déploient sous le regard d'un président hospitalisé à Genève dont l'état de santé, selon Jeune Afrique, semble fragile.

C'est notre confrère qui révèle l'essentiel : Chantal Biya intrigue activement pour que son fils Franck Hertz occupe le poste de vice-président — cette charge inédite créée par la réforme constitutionnelle d'avril 2026, dont le titulaire deviendrait automatiquement chef de l'État en cas de vacance du pouvoir. Pendant ce temps, Paul Biya porterait plutôt son choix sur Franck Emmanuel Biya, son fils biologique. Deux visions, deux projets dynastiques, une seule présidence à pourvoir.



Avant même la vice-présidence, c'est autour de la Société nationale des hydrocarbures que le premier affrontement entre ces deux logiques a éclaté. Selon les révélations de Jeune Afrique, Chantal Biya a demandé au secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, de préparer un décret nommant Franck Hertz à la direction de la SNH — premier contributeur au budget de l'État et clé de voûte financière du pouvoir camerounais. Paul Biya a refusé de signer.

Ce refus présidentiel dit tout de l'équilibre des forces actuels : le chef de l'État n'est pas prêt à laisser sa première dame placer son fils à la tête de l'entreprise la plus stratégique du pays. Mais le fait même que la manœuvre ait été tentée indique que Chantal Biya se positionne en joueur autonome, avec ses propres ambitions dynastiques — indépendantes, voire concurrentes, de celles de son époux.



Écarté de la direction de la SNH, Franck Hertz a néanmoins obtenu un premier point d'appui dans l'écosystème pétrolier camerounais. Jeune Afrique révèle qu'en 2025, à titre de compromis, il a été nommé au sein des conseils d'administration de Tradex Guinée équatoriale et de Tradex RDC. Des postes qui lui permettent de tisser des réseaux dans le secteur pétrolier sous-régional, d'acquérir une expérience institutionnelle et de se rendre visible auprès des acteurs économiques de la zone. Une antichambre, en somme, pour des ambitions plus hautes.



En face, Franck Emmanuel Biya a choisi une autre voie. Selon Jeune Afrique, sa montée en puissance s'appuie sur le soutien actif de certains barons influents de la région du Sud — fief traditionnel du pouvoir biyaïste. Une implantation territoriale et clanique qui lui confère une légitimité politique différente de celle que tente de construire Franck Hertz par le biais des réseaux pétroliers. Là où le fils de Chantal Biya cherche à contrôler les ressources, le fils de Paul Biya cherche à consolider les allégeances.

La vice-présidence, le nœud gordien

Tout converge vers un poste : la vice-présidence. Créée par la réforme constitutionnelle validée par le Parlement en avril 2026, cette charge — dont le titulaire succéderait automatiquement au chef de l'État sans élection en cas de vacance — est devenue l'enjeu politique absolu du Cameroun contemporain. Et le silence de Paul Biya sur sa nomination, que Jeune Afrique documente avec précision, n'a fait qu'exacerber les tensions entre les clans.

Chantal Biya veut Franck Hertz. Paul Biya pencherait pour Franck Emmanuel. Et entre les deux, Ferdinand Ngoh Ngoh, Nathalie Moudiki, les barons du Sud et l'ensemble de la classe politique camerounaise attendent, calculent et manœuvrent. Pendant que le président se repose à Genève, son pays se prépare fiévreusement à l'après lui — sans que personne n'ose le dire ouvertement.

Ce que Jeune Afrique révèle, en filigrane de cette enquête sur la SNH, c'est que la transition post-Biya est déjà en cours. Elle se joue en ce moment même, dans les couloirs du palais d'Étoudi, dans les conseils d'administration de Tradex et dans les réunions discrètes des barons du Sud. Pas encore dans les urnes. Peut-être jamais.