Actualités of Tuesday, 14 July 2026

Source: www.camerounweb.com

« J'accuse… ! » Affaire Martinez Zogo ou le spectre de l'affaire Dreyfus dans le sérail camerounais

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« J'accuse… ! » Le cri d'Émile Zola résonne plus d'un siècle plus tard au tribunal militaire de Yaoundé. L'affaire Martinez Zogo, du nom de code ANABUS 200SS, est en train de devenir la Dreyfus camerounaise : une erreur judiciaire monumentale, un scandale d'État où un homme est sacrifié sur l'autel d'intérêts politiques et corporatistes. Comme le capitaine Dreyfus, Jean-Pierre Amougou Belinga et Léopold Maxime Eko Eko sont maintenus dans les fers d'une culpabilité décrétée d'avance, malgré un vide probatoire assourdissant. Alors que l'examen des rapports d'expertise, notamment ceux du Pr Bell Bidjocka et de Jean-Pierre Oloumou, n'a établi aucun lien matériel entre les accusés et l'assassinat du journaliste, c'est le système judiciaire lui-même qui vacille. Les révélations de l'expert Oloumou sont explosives : son enquête a été bloquée, les opérateurs de téléphonie ont fait obstruction, et les téléphones du colonel Danwe ont été sabotés. Pire encore, le nom de code de Martinez Zogo – ANABUS 200SS – le relie à des contacts de premier plan, notamment le SGPR Ferdinand Ngoh Ngoh et son épouse. L'ancien patron de la DGRE, Léopold Maxime Eko Eko, a lancé un cri d'alarme glaçant devant le tribunal : « J'espère bien être en vie aux prochaines audiences car j'ai reçu des menaces de mort. » Pour Joël Govan N., journaliste politique, la résolution de l'affaire n'appartient plus au seul domaine du droit, mais à celui de l'arbitrage politique suprême. Un remaniement ministériel s'impose pour priver de leur immunité de fait les hauts responsables tapis dans l'ombre. Une fois ce séisme accompli, il ne faudra pas plus d'une semaine pour que les masques tombent.



Cameroun/Justice

AFFAIRE MARTINEZ ZOGO OU LE SPECTRE DE L'AFFAIRE DREYFUS DANS LE SÉRAIL CAMEROUNAIS ?

Chronique d'une vérité captive des luttes de clans : entre vide probatoire, révélations d'« ANABUS 200SS » et spectre des menaces de mort au tribunal militaire de Yaoundé

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MZ: L'Affaire Dreyfus ou le miroir d'une déchirure historique

L’histoire, dans sa tragique circularité, offre très souvent des grilles de lecture saisissantes aux crises du présent.
Lorsque l’on se penche sur le séisme politico-judiciaire qui ébranle le Cameroun depuis la survenue en janvier 2023 l'assassinat de l'animateur de la Radio Amplitude FM de Yaoundé (Martinez Zogo), l'esprit est irrésistiblement projeté vers la France de la fin du XIXe siècle, alors déchirée par l'Affaire ALFRED DREYFUS.
Cette erreur judiciaire monumentale, érigée en scandale d’État, avait alors vu le capitaine ALFRED DREYFUS, officier juif alsacien, sacrifié sur l'autel d'intérêts corporatistes et géopolitiques fallacieux.

La célèbre lettre
« J'ACCUSE… ! » d’Émile Zola adressée au président Félix Faure ne dénonçait pas seulement une erreur de fait, mais un déni de justice systémique orchestré par une machine étatique aveuglée par ses propres dogmes.

Aujourd’hui, le drame de Martinez Zogo du nom de code ''ANABUS 200SS'', transcende le simple fait divers pour devenir notre propre Affaire ALFRED DREYFUS (à la camerounaise): un miroir grossissant où s’affrontent deux visions de la vérité, fracturant la société entre partisans de l'instruction objective et gardiens des récits préconçus.


La détention de Jean-Pierre Amougou Belinga & Léopold Maxime Eko Eko et l’épreuve d’un vide probatoire assourdissant.

Au centre de ce tumulte, la figure de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga rappelle étrangement celle du condamné de ''l’Île du Diable'', maintenu dans les fers d'une culpabilité décrétée d'avance. Détenu depuis plus de trois ans à la prison principale de Kondengui, son incarcération prolongée tout comme celle de l'ancien patron de la DGRE Léopold Maxime Eko Eko interroge les fondements mêmes de notre droit. Alors que le Tribunal militaire de Yaoundé vient de clore l'audition, l'examen des rapports, l'interrogatoire et le contre-interrogatoire du 33e témoin, l'expert Jean-Pierre Oloumou, et s'apprête à entamer avec le 34e témoin, le constat est clair: jusqu'ici, aucun lien matériel ni aucune preuve accablante n'a été établi pour lier ces personnalités de près ou de loin à l'assassinat de l'animateur. Cette obstination à maintenir des figures stratégiques de l'appareil économique et sécuritaire du pays derrière les barreaux, en dépit d'une accusation qui s'effrite à chaque audience, suggère que la détention provisoire ait été détournée de sa fonction conservatoire pour devenir un outil de neutralisation politique et économique alimentant ainsi le sentiment d'une machination d'État.

L’exégèse des rapports numériques et les révélations des experts Oloumou et Bidjocka.

Le procès a pourtant basculé de la rhétorique passionnelle à la rigueur scientifique lors de l'admission par le tribunal des deux rapports d'expertise du Pr Bell Bidjocka et du Jean-Pierre Oloumou dont les conclusions ont été enregistrées ce lundi 13 juillet 2026 sous les marques d'identification PAC1 pour le volume 1 et PAC2 pour le volume 2. L'analyse croisée des téléphones des mis en cause et du défunt est venu agir comme un puissant révélateur chimique, mais elle a aussi mis à nu les forces de l'ombre qui s'activent pour paralyser la justice.
Devant le tribunal ce jour, l’expert a jeté un pavé dans la mare en déclarant : << Mon enquête a été bloquée, car les opérateurs de téléphonie n’ont pas fourni les éléments nécessaires, et les téléphones du colonel Danwe ont été sabotés, opération qui les a rendu inexploitables à mon niveau...>>. Une révélation qui soulève des questions existentielles :

1) Qui a le pouvoir d'ordonner aux opérateurs de faire obstruction ?

2) Qui détenait ces téléphones clés lors de l'arrestation, et pourquoi ?

3) Qui pilotait réellement l'enquête mixte Police-Gendarmerie à ce moment-là ?

MARTINEZ ZOGO et le phénomène du ''danger de connivence'' en journalisme politique : Les liaisons dangereuses de l'agent de l'ombre <>.

Ce sont précisément ces rapports d'expertise qui ont projeté une lumière certaine et davantage crue sur les zones d'ombre du pouvoir, révélant des ramifications insoupçonnées au cœur même de la présidence de la République. Projection à l'appui devant le tribunal, l'expert a dévoilé le nom de code de Martinez Zogo 👉👉ANABUS 200SS👈👈 dans ses démarches hautement confidentielles avec plusieurs contacts dont principalement deux sont identifiés et enregistrés dans l'un de ses téléphones comme étant ceux de l'actuel SG/PR et son épouse.
Ce canal secret servirait selon l'expert et après analyse des données, de couverture lors d'opérations ciblées entre l'animateur radio et ses contacts de premier plan pour orchestrer des campagnes de bashing et aborder des sujets sensibles visant plusieurs hautes personnalités de la République.
Cette dimension institutionnelle accrédite davantage l'hypothèse d'un affrontement certes feutré mais féroce entre différentes factions du régime, dont l'animateur et ancien chef de chaîne d'amplitude FM aurait été à la fois l'instrument, le messager et, in fine, la victime sacrificielle d'une guerre des clans qui ne dit pas son nom.


Menaces de mort et nécessité d'un remaniement ministériel : l'heure de la décantation ?

Dans cette configuration où la vérité scientifique bouscule les scénarios préétablis entre le supposé sous-sol de l'immeuble EKANG, la Prado Noire imaginaire, le coup de fil imaginaire du Minjustice, l'existence d'un second Commando etc. la tension est devenue physique, presque palpable au sein de l'audience.
Prenant la parole lors du contre-interrogatoire de ce 33e témoin, l'accusé et ancien patron de la DGRE Léopold Maxime Eko Eko a lancé un cri d'alarme glaçant : <<...Monsieur le président du Tribunal, j'espère bien être en vie aux prochaines audiences pour contribuer à la manifestation de la vérité dans cette affaire car, J'AI REÇU DES MENACES DE MORT...>>.
Face à cette omerta imposée par la terreur et ces verrous étatiques, la résolution de l'affaire Martinez Zogo n'appartient visiblement plus exclusivement qu'au seul domaine du droit, mais également à celui de l'arbitrage politique suprême adossé sur un remaniement ministériel d'envergure, qui viendrait priver de leur immunité de fait certains hauts responsables et certains tireurs de ficelles tapis dans l'ombre du sérail. Une action salvatrice du LÉVIATHAN dans le sens de la philosophie politique de Thomas Hobbes, qui permettrait alors de libérer définitivement la parole et l'appareil judiciaire. Une fois ce séisme institutionnel tant attendu sera accompli, il ne faudra certainement pas plus d'une semaine pour que les masques tombent et que le public sache enfin qui aura bien pu orchestré ce drame national et pourquoi.

Par Joël GOVAN N. Professionnel de la communication des organisations & Journaliste Politique